Bonjour à tous,
Au lendemain des négociations finales sur les déchets, voici un
compte-rendu des évènements (ci-dessous) qui ont quand même permis
des avancées, même si le moratoire n'est pas passé.
Florence Couraud, Directrice
Centre National d'Information Indépendante sur
les Déchets
21, rue Alexandre Dumas - 75011 Paris
Bilan des négociations finales sur les déchets dans le cadre
du Grenelle de l'environnement
Le CNIID était présent hier à la table des négociations en tant
qu'expert pour l'Alliance pour la Planète. À l'issue des discussions
qui se sont tenues en présence du Ministre Jean-Louis Borloo, de nombreuses
avancées ont pu être actées. Le CNIID salue donc la nouvelle orientation
qui a été prise en matière de prévention et de valorisation matière
même si nous regrettons l'incohérence qui consiste à continuer à
autoriser de nouveaux incinérateurs.
En matière de prévention, nous avons obtenu que les plans locaux
de prévention soient désormais obligatoires lors de l'élaboration
des Plans Départementaux d'Elimination des Déchets Ménagers et Assimilés.
Ces plans de prévention seront financés par la TGAP dont les recettes
seront réorientées à cette fin.
Un objectif de réduction des déchets de 5 kg/hab/an pendant
5 ans, donc au final 25 kg/hab/an, a été acté. Par ailleurs Eco-Emballages
s'est engagé à réduire les emballages de 1 kg/hab/an, également
sur 5 ans.
Des avancées ont également été négociées en matière de responsabilité financière du producteur à l'égard de leurs produits en fin de vie.
Les barèmes de contribution des producteurs aux filières en fin de vie devront être proportionnels aux efforts d'éco-concpetion fournis, ce qui n'est pas le cas aujourd'hui.
Toutes ces nouvelles filières devraient inclure des barèmes favorables
à la prévention et permettront également de développer la récupération
et le recyclage, notamment pour les meubles. Le déplacement des coûts
de gestion des déchets du contribuable vers le producteur devrait inciter
ses derniers à réduire les dechets issus de leurs produits.
La tarification incitative pour l'enlèvement des ordures ménagères
sera désormais obligatoire. La mise en oeuvre est laisée libre aux
collectivités. Elles auront le choix entre instituer une part variable
dans la TEOM ou passer à la REOM.
Des objectifs de valorisation matière ont été fixés, cela concerne
donc le recyclage et le traitement biologique des matières organiques
(compostage et méthanisation). La France devra atteindre un objectif
de 35 % en 2012 et 45 % en 2015 de valorisation matière des déchets
ménagers. Nous sommes aujourd'hui à 19 %. Les efforts fournis vont
donc devoir être relativement importants.
En ce qui concerne les déchets organiques, des efforts devront être
faits sur les normes assurant la qualité du compost et des contrôles
devront être effectués à l'entrée des centres de compostage afin
de s'assurer de la qualité du compost produit. Afin de s'assurer des
débouchés pour le compost et dans un objectif de pérennisation de
la filière, des engagements contractuels auront lieu entre les agriculteurs
et les départements.
Enfin, il a été décidé d'augmenter la TGAP sur la mise en décharge, aujourd'hui fixée à 9,90 euros/tonne et d'en créer une pour l'incinération. Les montants n'ont pas encore été arrêtés, et deux scénarios ont été retenus :
- La taxe sur la mise en décharge passerait à 40 ou 20 euros/tonne
Enfin, concernant les modes d'élimination, un objectif de diminution
des quantités incinérées et enfouies de 15 % à l'horizon 2012, a
été fixé. Nous n'avons donc pas pu obtenir l'arrêt de la construction
de nouveaux incinérateurs, mais seulement la garantie que la priorité
ne sera plus à l'incinération.
Nous avons, par contre, obtenu l'instauration de contrôles des dioxines
en continu, ainsi qu'un renforcement accru de la surveillance.
La circulaire de 1994 sur les mâchefers sera abrogée et le besoin
d'un contrôle renforcé, ainsi que de recherches complémentaires a
été reconnu.
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