Contribution au annuel des examinateurs d'informatique pour le concours 1994 : ======================= 1/ Difficultés liées à Turbo-Pascal ======================= Les fonctions ne peuvent pas rendre de résultat du type complexe ou matrice, et l'utilisation de l'option VAR en paramètre n'est pas bien connue ni maîtrisée par tous les candidats. Les conversions de type sont difficiles à manier. Trop de candidats ignorent l'existence des fonctions INT, TRUNC, ROUND et FRAC et perdent beaucoup de temps, car il n'existe pratiquement aucun moyen de les reconstituer. Limitations de l'outillage "MODULOG" mis à disposition des candidats : On regrette l'absence des modules : ENTREES : facilitant l'entrée des vecteurs et matrices COMPLEXE : permettant de manipuler les nombres complexes MATRICE : permettant d'inverser une matrice réelle FONCTEUR : permettant de passer en paramètre une fonction Le matériel est éprouvé, les conditions générales de déroulement de l'épreuve sont généralement maintenant mieux connues, même si une fraction des candidats néglige de se présenter aux séances de préparation. L'immense majorité des candidats a déjà des connaissances en programmation, mais parmi eux, certains semblent découvrir Pascal. Il leur manque des connaissances élémentaires liées à l'environnement de l'épreuve, qu'ils auraient facilement pu acquérir lors des séances de préparation : - comment sauver ou imprimer un programme. - comment écrire plusieurs programmes différents sur la disquette, - comment naviguer dans la documentation papier et les aides en ligne. Il manque toujours une facilité d'aide en ligne dans MODULOG, à une époque où une part croissante des candidats est habituée au maniement de la souris et aux menus déroulants. ========================== 2/ Préparation théorique des candidats ========================== Les notions générales de programmation semblent de mieux en mieux assimilées, même si on a l'impression que beaucoup de candidats ont subi l'influence d'autres langages de programmation. Le calcul en nombre réels ne les rebute pas, et ils font preuve en la matière d'une réelle dextérité, mais le fait que l'ordinateur commette des erreurs dues au nombre limité de chiffres significatifs est rarement pris en compte correctement dans les raisonnements. A l'inverse, les calculs sur nombres entiers, ou les dénombrements d'ensembles finis, semblent plonger beaucoup d'entre eux dans une grande perplexité, et on en voit beaucoup reculer devant la perspective d'explorer exhaustivement d'un ensemble de 27 ou 1024 cas qui leur suffirait pour prouver un résultat. La géométrie euclidienne usuelle en 2D ou 3D semble avoir été un peu oubliée depuis les classes de terminales, alors qu'elle est indispensable pour obtenir certaines présentations graphiques à l'écran. ========================== 3/ Préparation technique des candidats ========================== On trouve toujours les défauts traditionnels : - des procédures de saisie fastidieuses, alors qu'il est si facile d'initialiser les données de l'intérieur du programme. - mauvais équilibrage du travail entre le rapport écrit et les programmes trouvés sur la disquette, dont l'enchaînement n'est pas toujours facile à reconstituer, quand les programmes successifs n'ont pas été purement et simplement écrits les uns sur les autres sous le même nom.. Un nombre étonnant de candidats semble ignorer la possibilité de sauvegarder plusieurs programmes différents sur la disquette. ==================================== 4/ Conditions matérielles de déroulement de l'épreuve ==================================== Quelques incidents techniques - écrans fragiles, - un disque dur a lâché 3 minutes avant la fin de l'épreuve. - une souris est tombée en panne. En pareille circonstance, la vitesse et la précision du diagnostic, qui doit être porté en temps réel, ont une grande importance pour la qualité et la réputation de l'épreuve. ========================= 5/ Tolérance vis-à-vis des calculettes ========================= Les calculettes sont tolérées, mais elles deviennent de plus en plus puissantes, avec des bibliothèques mathématiques intégrées dont les fonctions de manipulation de matrices, de nombres complexes, de résolution d'équations, deviennent supérieures à celles du matériel mis à la disposition des candidats, et dans un nombre croissant de cas, seraient théoriquement parfaitement capables de traiter les sujets de l'épreuve. La mémoire des appareils leur permet dès aujourd'hui de contenir la totalité d'un cours de mathématiques, et il faut s'attendre à ce qu'un jour un candidat se présente avec une calculette contenant l'ensemble des corrigés des épreuves informatiques ... de l'année précédente. Enfin, il faut se méfier de la possibilité qu'offrent les modèles les plus récents de communiquer entre elles à distance par rayons infrarouges ! ========== ANECDOTE : ========== Invité à identifier son programme en y introduisant son nom en commentaire, un candidat a effectivement tapé son nom, précédé de "REM" ... - - - C'est tout pour l'instant. Bien cordialement. signé : Christian SCHERER .