
 Mike Rowe, dépositaire
de mikerowesoft.com
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L'HISTOIRE. En août dernier, Mike
Rowe, un étudiant canadien de 17 ans a la bonne idée de réserver le
nom de domaine mikerowesoft.com (prononcez "Mik – Ro – Soft").
Inconscience ? Si l'adolescent ne pouvait prévoir que ce choix
aurait de telles conséquences, Mike cherchait manifestement à
capitaliser sur le rapprochement phonétique entre son nom et celui
du géant informatique. Il l’admet d’ailleurs sur son site, devenu
forum et ouvert à tous.
Un énième remake de David contre
Goliath Car suite à la réservation du nom, la réaction
de Microsoft ne se fait pas attendre. Les avocats de la société
somment le jeune homme de transférer le nom. Ce dernier refuse. Pas
si innocent que ça, le Mike Rowe. Plutôt habile, même.
Très
vite il parvient à faire parler de lui et à impliquer les médias,
d’abord de sa région, puis nationales, et enfin internationales. Des
médias toujours avides d’histoires sur les grands Satan du
capitalisme qui s’attaquent à des pauvres petits défenseurs de la
liberté d’expression. Surtout lorsqu’il s’agit de Microsoft.
De 10 à 10 000 dollars Microsoft est donc
décrié de toute part. Il faut dire que ses avocats sont aussi forts
en relations publiques que George W. Bush l’est en diplomatie
internationale.
Lorsque Rowe demande une compensation
financière pour le transfert du nom, ils lui proposent la somme
ridicule de $ 10 US. Et Rowe, qui "se sent insulté" par cette
proposition, d’en profiter pour passer son tarif à $ 10 000 US tout
en claironnant dans la presse qu’il n’espère pas toucher un centime
mais qu’il ne comprend pas pourquoi les avocats de Microsoft
traitent ainsi un "simple garçon de 17 ans".
Ainsi chaque
action des avocats ne fait que renforcer l’image de Robin des bois
sur Internet de Rowe. Pour lui, c’est la gloire.
250 000
visiteurs sur son site Le 19 janvier dernier, submergé
par 250 000 visiteurs, son site Internet est déconnecté par son
hébergeur. En quelques heures, une autre société vole à la rescousse
de Rowe pour l’héberger. Des sites dérivés font leur apparition.
Ainsi sur la page d’accueil de www.michaelrowesoft.com, créé
par un supporter de Rowe, une affiche annonce la mise en vente du
nom michaelrowesoft.com "pour $ 10 et uniquement à Microsoft parce
que Mike Rowe n’a rien fait de mal et que vous devriez lui lâchez
les basquets !"
Finalement, Microsoft et Mike Rowe trouvent
un accord. Ce dernier va bien transférer le nom au géant de
l’informatique qui, en échange :
- lui promet de rediriger tout son trafic vers son nouveau site
"pour qu’il ne perdre pas de business",
- va payer tous les frais lier à ce changement d’URL (le nouveau
nom choisi est mikeroweforums.com),
- invite Rowe et sa famille au campus Microsoft pour la grande
fête technique organisée en mars (Microsoft paye les frais de ce
voyage et Rowe pourra peut-être même rencontrer Bill Gates en
personne si son emploi du temps le permet),
- va payer pour que Rowe puisse suivre l’apprentissage certifié
Microsoft qui lui ouvre les portes de plusieurs métiers de haut
niveau en informatique,
- va abonner Rowe au Microsoft Developer Network, ce qui lui
permettra de développer des applications Web avec les outils
Microsoft,
- lui offre une console de jeux X-Box avec les jeux de son
choix.
Aucun doute, il y a du génie à la Bill Gates
dans le jeune Mike Rowe. Microsoft n’hésite d’ailleurs pas à le
reconnaître. "C’est l’histoire d’un jeune homme très intelligent
qui, pour lancer son affaire, a su bien trouver son nom de domaine,"
a expliqué Jim Desler, porte-parole de Microsoft. "Notre réaction
initiale a peut-être été un peu trop impersonnelle. Mais une fois
que nous avons compris toutes les circonstances de cette affaire,
nous avons cherché une issue qui soit équitable pour lui."
La ruée vers les noms de domaine phonétiques
Un mea culpa public de Microsoft, des cadeaux à profusion,
ses cinq minutes de célébrité et une image de bienfaiteur du réseau
libre… Mike Rowe a parfaitement réussi son coup. Indiscutablement
plus intelligent que les autres, il a su trouver et exploiter une
faille dans le système de protection des marques qui n’avait jusque
là pas encore été identifiée. En parfait précurseur, il fait
aujourd’hui des émules ("mikerowesoft" est réservé en .NET, .ORG,
.BIZ, et .INFO)… et sait rester simple. "Cette histoire m’aidera
peut-être à rentrer à l’université plus facilement,"
conclu-t-il.