De : Présidentielles <presse@rabhi2002.net>
Date : Thu, 31 Jan 2002 18:29:18 +0100
À : <info@articque.com>
Objet : Présidentielles

Pour la France

et pour la Planète



Affirmer que la planète terre est la seule oasis connue à ce jour, perdue dans un immense désert sidéral n’est pas une métaphore. Cette réalité objective semble, cependant, ne pas être profondément intégrée par la conscience collective de l’humanité. Il s’agit, en effet d’un véritable « miracle » car il a fallu la conjonction de facteurs extrêmement précis pour que la vie puisse advenir sur cette sphère exceptionnelle. Ce phénomène se pose à l’intelligence humaine comme la grande question. Les uns ont cherché la réponse à cette énigme par la voie de la religion ou de la philosophie, et la science a tenté, avec les moyens qui lui sont propres, de fournir les éléments d’une compréhension rationnelle, positive. Aucune approche ne semble, vraiment, dissiper le mystère profond d’un réel incommensurable dans lequel nous sommes inclus. L’éveil et le développement de l’intelligence et de la conscience dont le genre humain est doté, lui ont permis d’habiter le monde d’une façon très différente des autres espèces. Tirant parti de ses ressources considérables, les êtres humains, tout en constituant un phénomène absolument unitaire, ont développé sur la planète la diversité de leurs sociétés et de leurs cultures. Au cours de cette aventure commune, nous avons, malheureusement, instauré un système fragmentaire à tous les niveaux, sociétés, cultures, religions, idéologies, etc. Ce système basé sur l’antagonisme des humains a généré beaucoup de violence sur fond de prédation. Les deux derniers siècles, voués à la technique et à la science nous ont doté, pour le meilleur et pour le pire, d’instruments d’une efficacité sans précédent, sans que nos pulsions de violence et de prédation aient été surmontées par une évolution positive de notre conscience. Le résultat est que nous sommes, aujourd’hui, confrontés à une sorte d’ultimatum qui nous fait obligation de changer ou de disparaître. Peut-être, avons-nous confondu nos aptitudes auxquelles nous devons des prouesses extraordinaires et l’intelligence seule capable de donner à nos aptitudes un ordre positivement constructif. De toutes ces aberrations est né un modèle de gestion planétaire qui, après un processus séculaire, s’exacerbe en une mondialisation qui fait de notre planète-paradis un enfer de souffrances et de destructions.

En acceptant d’être candidat à l’élection présidentielle de 2002, j’ai voulu mettre à profit l’opportunité exceptionnelle de rendre hommage, en dépit de tout, à une vie qui n’attend que notre transformation et notre volonté pour nous rendre heureux d’être en vie.

Prendre soin de notre planète, respecter son intégrité physique et biologique, tirer parti de ses ressources avec modération, y instaurer la paix et la solidarité entre les humains, dans le respect des autres formes de vie, est le projet le plus réaliste et le plus magnifique qui soit. Comprendre ces impératifs, les incarner dans nos vies, est la plus haute forme d’intelligence. Il semble, cependant, difficile de continuer à bricoler un modèle dont les fondements sont erronés. Ce serait comme vouloir agir sur un navire dont nous ignorons la destination et dont nous épuisons les ressources et sapons les ¦uvres vives.

Il faut affirmer et réaffirmer que des solutions existent. Nous les évoquerons dans le courant de cette campagne. Cependant aucune solution technique ne suffira à changer le monde si la représentation et le sens que l’humain doit lui donner ne change pas. Nous disposons de merveilleux outils, mais au service de quelles consciences ?

C’est désormais l’état de notre planète qui doit guider la politique des Etats et, par conséquent, celle de la France.

Pierre Rabhi

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