[Territoires et sociétés de l'information en France]

 

Chapitre 4

L'enseignement le travail et les loisirs

 

Le sommet devrait être l'occasion d'appréhender les nouveaux modes d'appropriations individuelle et collective des technologies dans le domaine de l'éducation et de la formation. L'introduction des technologies aura nécessairement un impact sur l'organisation du travail. Il conviendrait de contribuer à rendre lisible l'impact du travail à distance et par les réseaux sur les rapports entre vie privée et vie professionnelle et de débattre de l'impact du travail collaboratif à distance dans sa globalité (enseignement, culture, formation, travail). Le triptyque enseignement/travail/loisirs est la base du fondement de nos sociétés actuelles.

 

Vincent Lanoo élu à Tourcoing a dressé le contour de ce débat. Les villes de Tourcoing et de Roubaix, ont connu le succès grâce au textile et au commerce. A présent, ces villes industrielles connaissent des difficultés importantes. En effet, dans ce territoire, la main d’œuvre est peu qualifiée, et les espoirs de promotion sociale sont faibles. Le développement de la région se fait à présent par la vente par correspondance. Elle requiert un Back‑office important pour gérer les fiches clients. Il est nécessaire d'acquérir une autre culture industrielle pour envisager le futur. Les nouvelles technologies ont donc un rôle clef à jouer dans le développement de la région. Elles peuvent apporter de réelles opportunités d'ascension sociale. En ce sens, les technologies ont également un rôle social capital.

 

Les technologies doivent permettre d'améliorer l’employabilité des habitants de la région. Elles peuvent d'abord apporter de nouvelles compétences, plus opérationnelles. Ensuite, elles permettent une meilleure gestion et transmission des connaissances (knowledge management) et un progrès réel dans la maîtrise des concepts en entreprise. Cela sera permis par la démocratisation de l'accès aux solutions apportées par les technologies. Mais ces technologies ne peuvent être qu'une plus value, moteur d'un développement progressif et concerté.

 

Mais, ce n'est pas pour cela qu'il faut faire table rase du passé. Au contraire, il convient d'avoir « le souci de préserver les cultures passées », en particulier, de ne pas condamner ce qui s'est fait avant. Les nouvelles technologies ne doivent pas imposer une nouvelle vision des techniques la bonne vision. Elles sont nouvelles, certes. Mais elles doivent toujours laisser entendre qu' « avant ce n'était pas si mal ».

 

4.1. L’école évolue face au nouvel outillage de l'information et de la communication.

 

L’école est le lieu excellent pour introduire l'usage des TIC, mais il peut ne pas s'avérer être le lieu de la réduction de la fracture numérique.

 

Pourquoi l'école et les lieux de formations comme lieu d'intervention prioritaire?

 

La mairie de Besançon, comme les autres collectivités font le même constat, on ne peut pas intervenir directement dans les écoles, car ce n'est pas dans la compétence des communes, ni des autres collectivités locales. Par la location d'ordinateurs, la commune est entrée grâce à l'école.

 

Le changement de logique qui consiste à se centrer sur l'homme doit permettre une meilleure appropriation des technologies, par la population. Ce changement impose l'usage d'une méthode qui consiste d'abord à connaître les populations défavorisées, à les informer et à les convaincre de l'utilité pour eux des TIC. Enfin, il s'agit d'analyser les besoins des citoyens et de les accueillir dans des lieux numériques appropriés. L’Etat doit aller vers les acteurs, y compris les rencontrer dans leurs régions. Enfin, il faut former tous ceux qui le désirent, accompagner les acteurs volontaires dans les montages de projet, de mettre en réseau les utilisateurs. A travers ces formations, les citoyens doivent devenir des acteurs.

 

Outils versus usages

 

Ne confondons pas outils et usages. S'il faut créer l'usage de l'outil, ce n'est pas suffisant. La démonstration n'est pas faite qu'avec l'ordinateur on apprenne mieux, mais si on ne connaît pas l'outil, de fait on est vite marginalisé. D'autre part, il faut penser à l'éducation en ce qui concerne aussi la Promotion des cultures et des informations locales. Comme partout, ce n'est pas l'outil qui compte, un menuisier ne se fait pas avec la varlope, affirme un intervenant dans la salle du sommet des villes de Lyon. Ce travail de production local a souvent l'inconvénient de ne pas être structuré et donc n'est pas ou peu diffusable. En revanche, l'expérience montre qu'il est difficile de diffuser des « structures » ou des « squelettes » qui permettraient cette diffusion. Deuxième difficulté, il faut aller vers plus d'appropriation de la technologie que vers l'apprentissage car il ne faut pas nier l'importance de l'appropriation. Cependant, il ne faut pas faire l'impasse sur l'apprentissage.

 

L'accès des familles défavorisées au numérique peut-il s'inscrire dans une action éducative de masse ?

 

La société doit apporter des solutions concrètes aux citoyens confrontés aux technologies. Ce n'est pas la même chose de parier d'éducation de masse et de l'éducation destinée à des publics fragilisés. L'enjeu revient rapidement à désirer une société de l'information centrée sur le citoyen. Une question subsidiaire est de vérifier que l'on est bien engagé dans une démarche de développement durable.

 

La politique d'accès au numérique est diverse. Il s'agit de donner la priorité à l'accès aux outils ou l'accès à tout public. L'important serait la logique de lien, c'est surtout le lien d’ordinateurs à ordinateurs. Le choix de l'accès de masse introduit de nouvelles interrogations. Les populations défavorisées ont-elles bénéficié de cette action de masse ? Dans un premier temps, on peut noter que pour une population disparate, la réalité est très variée.

 

4.1.1. L'éducation et la formation pour le développement.

 

La formation de tous les citoyens est un vrai souci car les TIC irriguent tous les métiers et notre quotidien. L’Education nationale et l'enseignement supérieur n'étaient pas préparés à cette révolution. De manière générale et mondiale, les différentes entités se sont d'abord Intéressées aux réseaux (avec la construction de réseaux comme RENATER en France) puis aux logiciels, et enfin aux contenus. Le « plan câble » des années quatre vingt avait financé des contenus (par le biais de la Caisse des Dépôts).

 

Une expérience ancienne.

 

La France dispose d'une grande expérience dans l'introduction de l'informatique et des télécommunications dans l'enseignement. En France, les plans informatiques et réseaux ont démarré, très tôt, vers 1969. On peut citer le plan « Télémécanique 1600 » qui concernait 10 lycées en 1971, qui utilisait le langage symbolique pour l'enseignement, le nanoréseau, etc... Ces plans sont pavés de succès et d'échecs dont la description serait utile. Un inventaire des échecs pourrait éviter à d'autres pays de les renouveler, les succès serviraient d'exemples. Citons aussi le BTS audiovisuel créé, il y a de nombreuses années dans le pays basque.

 

Ces expérimentations ont été inégalitaires. Rappelons que le célèbre instituteur de « Piquecos », avait été menacé d'exclusion pour avoir utilisé l'outil informatique en classe et construit des relations par minitel avec les parents.

 

La remise en cause des articulations traditionnelles et de la position de l'école dans la société.

 

La remise en cause des articulations traditionnelles du monde de l'éducation, en particulier de la relation éducation/parents et éducation/entreprises, est une occasion à saisir. On ne peut dissimuler le fait qu'une bonne éducation est un outil de développement. D'autres articulations sont plus particulièrement remises en cause par les réseaux. Elles devraient être analysées au plus tôt.

 

Education initiale versus éducation continue

 

La séparation formation initiale et formation continue a vécu. On parle d'éducation tout au long de la vie. Les possibilités des réseaux deviennent un facteur dynamisant, notamment l'enseignement à distance, le Web éducatif et les chaînes de télévision éducatives (ex de l'Italie). La multiplication de chaînes de télévision réellement éducatives, multilinguistiques serait un enjeu (ex. création d'une chaîne telle qu’'Euronews mais éducative). Ces chaînes pourraient en effet être disponibles pour des publics qui ne pourraient pas accéder aux lieux d'enseignement classiques. La première d'entre elles devrait être centrée sur les TIC.

 

Evanouissement de la frontière privé‑public

 

La deuxième articulation qui s'évanouit est la frontière entre les secteurs public et privé. Le passeport informatique, qui atteste d'une connaissance dans le domaine informatique, audiovisuel et télécommunications, pourrait être confié au domaine privé comme c'est le cas pour le permis de conduire aux auto‑écoles. L'entrée de firmes dans le monde éducatif est une révolution qui inquiète mais qui devient nécessaire par carence du milieu éducatif dans ce domaine. Donnons un exemple: l'enseignement des réseaux est une variable importante dans le développement d'Internet et en particulier de son usage dans l'entreprise. Thierry Drilhon, PDG de CISCO France, insiste sur ce point, car selon lui, nous allons être confrontés à une vraie carence dans l'environnement des réseaux. D'ici à 2005, il manquerait entre 25000 à 50000 professionnels jeunes et moins jeunes. Pour parer à ce problème, la firme a créé la « Cisco Network Academy », qui regroupe 8500 établissements dans le monde, dont 170 en France, incluant l'INT. Le « système» comprend 280 heures de formation en e‑learning.

 

Evanouissement de la frontière entre la maison et l’école

 

NUMA, le bureau virtuel de l'élève de l'Académie de Montpellier

 

NUMA se présente sous la forme d'un Intranet accessible par un portail Internet dans lequel chaque élève dispose d'un espace qui lui est réservé et lui sert à communiquer, archiver, gérer son temps, etc. Son bureau virtuel est accessible depuis n'importe quel poste interne de l'établissement ou depuis chez lui. Il est expérimenté actuellement dans 4 collèges et 13 lycées de l'Académie de Montpellier. Ce projet est porté par la Mission TICE du Rectorat d'Académie de Montpellier dans la région du Languedoc‑Roussillon. 

 

 

 

 

Transdisciplinarité des TIC

 

Enfin, la « transdisciplinarité » des technologies de l'information est grande. Elles irriguent toutes les disciplines, on n’enseignera plus les TIC pour étudier les technologies de l'information, mais les TIC interviennent dans toutes les disciplines.

 

4.1.2. L'impact de l'introduction des technologies dans l'enseignement

 

Une éducation innovante est la revendication des acteurs, elle est nécessaire pour la formation des élites, pour un droit d'accès à tous à la connaissance, pour un soutien au monde francophone. Un rôle nouveau est donné aux enseignants qui désirent, eux-mêmes, être entraînés à l'utilisation des TIC. A partir de là, ils pourront imaginer des usages auprès des élèves. La formation des élites et le droit d'accès à tous ainsi que le soutien au monde francophone sont donc les principaux enjeux de l'éducation.

 

4.1.2.1. Pour les élites...

 

   Former des dirigeants au management des systèmes d’information, et transmettre la capacité d’utiliser ces technologies devient primordial pour la performance des organisations. Parmi ces dirigeants, les gestionnaires des collectivités territoriales et locales doivent faire l’objet d'un effort important. Des formations spécifiques et mutualisées devraient être conçues spécialement à leur intention.

 

4.1.2.2. Droit d'accès pour tous...

 

L'usage des outils de communication est un droit du même ordre que celui de conduire sa voiture et de se déplacer. La reconnaissance de ce droit devient une nécessité mondiale. Ce processus devrait, en effet, se faire de façon analogue au permis de conduire, c'est à dire indépendamment du niveau d'étude des individus. Pour ce faire, il faudrait se focaliser sur le passeport informatique, déjà cité, ou PCIE (Passeport pour les Compétences Informatiques Elémentaires) devenu récemment B2i et C2i ou sur un brevet de compétences informatiques qui s'affranchirait des modèles trop commerciaux, de portée mondiale, et deviendrait un facteur clé du succès pour la formation des jeunes. A ce point, le problème de l'accès n'est pas seulement un problème de compétence individuelle. Autrement dit, l'analogie avec le permis de conduire n'est pas totalement pertinente.

 

 

[Image]

Toutes les cabines publiques se ressemblent, ici  en Californie.

 

 

 

B2i et C2i

 

Le B2i (Brevet d’Informatique et d'Internet) est destiné aux écoles et aux collèges. Il a été définitivement publié au Bulletin Officiel de l'Education nationale le 23 novembre 2000. Il se définit comme une série de savoir‑faire.

 

Le C2i (Certificat d’Informatique et d'Internet) est destiné à l'enseignement supérieur. Il a été publié plus récemment dans le Bulletin Officiel de l'Education nationale le 9 mai 2002. Il se définit pour valider la capacité de l'étudiant à effectuer certaines tâches avec des outils de l'information:

Rechercher l'information

Récupérer des données et les traiter

Gérer des données (bases de données, requêtes)

Sauvegarder, archiver et rechercher des données

Présenter le résultat d'un travail en présentiel et à distance (présentation et publication assistée par ordinateur)

Echanger et communiquer à distance

Produire en travail collaboratif

Se situer face aux problèmes et enjeux de l'utilisation des TIC (droits et devoirs, aspects juridiques, déontologiques et

éthiques... ).

 

 

4.1.2.3. Soutien au monde francophone...

 

Mettre à disposition des formations gratuites pour le développement du français passerait par la création de plates­-formes d'éducation très « basiques », c'est à dire dès l'apprentissage de l'écriture, de la lecture et du calcul. Ce soutien culturel est déjà promu par des pays comme la Chine pour leur propre langue officielle.

 

La prépondérance des langues pose le problème du rôle du réseau des pays francophones et, par là même, le maintien du poids de la France au niveau mondial. Il semble que pour relever le défi, il conviendrait de promouvoir le pluralisme culturel.

 

4.1.2.4. La formation professionnalisée

 

La Net Business Academy, du Digiport de Lille, est une école d'affaires sur les TIC pour les entreprises. La formation est issue d'une réflexion menée avec les entreprises. Le concept se décompose en plusieurs concepts clefs : analyse des besoins en compétence de l'entreprise, intégration des nouvelles technologies dans la formation, création plate forme régionale des TIC, offre de formations orientées métiers (fondées sur un modèle « juste nécessaire, juste à temps »), enfin promotion des compétences TIC du Nord‑Pas‑de‑Calais. Ces formations visent principalement les demandeurs d'emplois, les salariés des entreprises et des collectivités publiques, et les jeunes diplômés. Elles offrent la possibilité d'acquérir de nouvelles compétences technologiques, ou de procéder à une nouvelle orientation de leur métier.

 

Le but de ces formations à un niveau plus global est clair: il s'agit d'adapter l'appareil productif traditionnel aux contraintes de la mondialisation et de la compétition internationale, et de développer de nouveaux emplois dans l'économie numérique.

 

L'organisme propose 4 types de formations :

‑ assistante TIC

‑ chef de projet TIC

‑ métier de e‑formateur

‑ métier de formateur tic

 

L'objectif n'est pas de créer une nouvelle formation concurrente à celles déjà existantes, mais de faire naître un véritable espace de convergence afin d'additionner les valeurs ajoutées des autres partenaires. En ce sens la participation des entreprises est essentielle afin d'anticiper l'évolution et la mutualisation des métiers, ainsi que de permettre l'adaptation permanente des formations aux besoins des entreprises.

 

Ce concept novateur peut jouer un rôle clef dans l'économie actuelle s'il ne perd pas de vue la démarche constamment ouverte pour permettre l'intégration de nouvelles formations adaptées aux besoins du marché. Notons également que ce qui est Important dans la réussite de ces formations est la dimension régionale forte.

 

4.1.3. La place des enseignants

 

A l'école, les enseignants jouent un rôle clé. La place des TIC y est nouvelle. Si le temps où le seul ordinateur de l'école jouait le rôle de pot de fleur sur le bureau du directeur est révolu, l'introduction des TIC dans l'école reste faible, tous les arguments sont là pour en retarder l'arrivée.

 

Les TIC à l'école seront-ils des outils de réduction de la fracture ?

 

En ce qui concerne l'impact des TIC à l'école, Nicole Picard, inspectrice d'académie rappelle qu'on n'a pas de résultat précis. L'informatique connectée est un outil supplémentaire et motivant, mais n'est pas une réponse à toutes les difficultés. Le projet de tous Permet la démocratie, car l'égalité est plus prégnante. L'accès à l'outil, d'où l'idée de fournir les compétences minimales par une acquisition dès l'école élémentaire.

 

Un nouvel outil pour l'enseignant.

 

L'informatique est un outil, mais la compétence en lecture des élèves va intervenir sur leur compétence dans son usage. Les élèves qui disposent d'un ordinateur à domicile sont plus à l'aise que les autres. Ainsi, les équipements des écoles maternelles permettront de familiariser de façon plus précoce les enfants. En ce qui concerne la lutte contre l'illettrisme, l'outil informatique avec un accompagnement adapté devrait trouver sa place dans cette action.

 

Les contraintes pédagogiques

 

Le plus grand problème est la formation des enseignants, mais pire encore, le problème le plus complexe est la disponibilité du matériel, c’est-à-dire le concept de l'ordinateur à ­la portée de la main, c'est-à-dire disponible à tout moment dans I’acte pédagogique. Les outils de l'informatique et des réseaux ­engendrent de nouvelles difficultés pédagogiques. Elles proviennent du fait qu'il y a désynchronisation de plus en plus importante du temps de l'enseignant et de « l’apprenant », du fait de la disponibilité réelle des équipements.

 

Le rôle des éducateurs spécialisés dans ce domaine.

 

A Besançon, l'initiation se fait dans les salles informatiques avec le soutien d'aide‑éducateurs. Ainsi, les didacticiels Permettent de faire des progrès en français ou en mathématiques. C'est le résultat d'une pédagogie différentiée, qui prend donc en compte des différences pas nécessairement exprimées. Cette réussite est possible car l'outil est motivant et l'évaluation peut se faire en dehors de la surveillance du maître. A titre d'exemple, dans une classe de CM2, certains élèves maîtrisent la possibilité des brouillons et, donc, des modifications faciles.

 

Le constat pragmatique de Besançon où l'enseignant n'est pas en prise avec ce nouvel outil est refusé par d'autres régions qui souhaite voir l'outil saisi par le monde enseignant. C'est en particulier le cas à Lille et dans les Pays de la Loire. Cela pose la question de l'utilisation de TIC dans le système éducatif français. Est-il possible d'appliquer un modèle dans lequel les Tic sont obligatoires dans la formation des enseignants ? Cette question part d'un constat simple. Dans le domaine de l'éducation nationale, le taux d'équipement est très bon, mais il existe un réel problème d'appropriation par les enseignants.

 

De nouvelles formes de productions scolaires et d'accès à l'information

 

La communication n'entre pas en compte seulement en terme d'informations et de projets. La production d'écrits et la lecture ne sont pas aisés pour les élèves en difficulté. Avec l'informatique, cela devient un exercice motivant, porteur de sens. Cet exercice impose des formes d'écrits particuliers, car la langue de scolarisation est différente de la langue de la communication familiale.

 

Cela permet l'accès à tous à de nouvelles formes d'information, comme la banque de programme de la 5, les espaces numériques de savoirs, l'accès à des vidéos simples. Cela permet aussi de disposer de courtes séances de vidéo en science. Une aide est apportée aux élèves qui n'ont pas accès à ces documents de façon aisée.

 

Retour sur la nécessité de compétence, en lecture écriture

 

Les effets de la mise à disposition des ordinateurs dans les familles sont positifs. Ils améliorent la relation parents/enfants. Premier constat, le suivi scolaire est renforcé, cette action est favorisée par le fait d'utiliser les mêmes logiciels à l'école et à la maison. L'enfant peut mettre au propre à la maison un texte mis en chantier en classe. Le deuxième point positif est la création d'un lien famille/école. Ce type de lien est utile dans le cas des enfants partis en classe de découverte, en colonie, ou plus simplement à l'hôpital. L’enfant malade à l'hôpital ou à la maison n'est pas coupé de ce qui se passe dans la classe. Le troisième apport est la gestion facilitée du quotidien comme les évaluations, les absences, le cahier de liaison qui devient électronique. Ainsi, la relation enfant parent pourra être renforcée. En revanche, il faut éviter que l'enfant se noie dans une recherche Internet, l'accès Internet ne suffit pas, il faut comprendre les questions, les sujets proposés.

 

Les perspectives de développement sont diverses et multiples. L’école s'efforce d'y réfléchir afin de s'assurer du bon impact du dispositif. Il faut être imaginatif tout en évitant les dérives. Selon les pédagogues, il faut faire en sorte que les savoirs de base soient des éléments importants.

 

 

4.1.4. Le nouveau rôle des élèves et des étudiants

 

Le siphonnage des talents

 

Certains Etats sont demandeurs d'ouverture de possibilités pour construire des industries culturelles locales. Ces possibilités restent floues. A l'inverse, certaines organisations dont ATTAC ou les réseaux IRIS et VECAM sont parfois demandeurs ou porteurs de vastes déclarations sur le droit à l'information (équivalent d'un droit au logement .... ) qui sont sûrement excessives. Dans tous les cas, la construction d'une industrie culturelle locale en tous lieux est aussi un leurre. Par exemple, la production culturelle cinématographique ne peut être concentrée que dans quelques lieux du monde. Les lieux historiques sont donc les premiers servis (Hollywood, Inde, Taiwan). L’Europe présente l’inconvénient de promouvoir trop de lieux en concurrence (Potsdam, Dresde, Paris, Nice, Rome, etc… ). Le siphonnage des talents, qui en est une des conséquences, les acteurs rejoignent les grands lieux, dû à un phénomène d’attractivité forte de ceux-ci. Les experts nomment ces sites « points focaux technologiques ».

 

4.1.5. Le cas particulier du niveau universitaire

 

Les TIC sont un facteur de progrès comme de crise dans le milieu universitaire.

 

La spécificité du milieu universitaire.

 

Dès que l'on touche au niveau universitaire, on se heurte aux grands groupes anglo‑saxons, aux universités américaines (cours en ligne des prix Nobel du MIT) ou néerlandaises. Certains experts pensent qu'elles amortissent leur produit sur des marchés mondiaux mais en réalité elles envahissent le marché par une présence principalement médiatique. Il conviendrait de faciliter la médiatisation des connaissances des autres acteurs tant européens que des pays en voie de développement. Les outils audiovisuels cités précédemment pourraient devenir d'excellents supports.

 

Les bases de savoir

 

La fourniture d'un socle de contenus, ou base de savoir peut vite s'avérer un outil d'exclusion ou de limite d'accès à d'autres cultures. Citons le projet européen « celebrate », qui cherche à fournir des contenus atomisés de façon à ce que le professeur pioche ce dont il a besoin. Citons aussi l'espace d'accès à des services dits fondamentaux, un socle accessible, dans un premier temps, à 1500 établissements en France, puis généralisé à l'ensemble des établissements français. Ces initiatives sont tout à la fois intéressantes et un leurre. Quand on accède gratuitement à celles-ci, on se ferme du reste du monde souvent sous la contrainte budgétaire.

 

Les nouveaux diplômes et en. particulier les licences professionnelles, les diplômes d'ingénieur et de management.

 

La coopération entre les établissements d'enseignement supérieur et les universités est nécessaire. La mise en place de ces coopérations bouscule les structures disciplinaires. Les Industriels demandent de faire preuve d’audace dans les disciplines et de ne pas se focaliser sur les disciplines traditionnelles. Ils regrettent, Par ailleurs, que les nouvelles technologies ne soient pas diffusées dans les licences professionnelles ni dans l'enseignement supérieur, à l’exception des institutions centrées sur ces technologies tel que le Groupe des Ecoles des Télécornrnunications (GET) et quelques exemples comme I’école Supérieure de Commerce de Grenoble. Le domaine médical, envahi par les technologies de télécommunications, ne dispose quasiment d'aucun enseignement dans ce domaine.

 

Les campus numériques

 

Le rôle des campus numériques, c'est le développement de contenus qui répondent au marché, celui de l'éducation, et qui ne seraient pas réalisés par les voles de l'économie habituelle. C’est pour cela que les différents pays européens ont fait des appels à projets; pour des campus numériques et les ont financés par de l'argent public. Donnons comme exemple l'Université Médicale Virtuelle Francophone ou le campus des universités scientifiques. La difficulté des campus numériques repose sur leur construction. Celle-ci peut être laborieuse ou apparaître comme un ramassis et un fatras de traductions numériques de contenus traditionnels donc papier. Dans ce domaine, l'enjeu est de disposer de différentes plates­-formes, en concurrence, mais normalisées, soit au niveau mondial, soit dans de grandes zones continentales.

 

 

L’Université virtuelle de Limoges

 

L'université de Limoge s a misé sur la création d'une Université virtuelle pour former des apprenants à distance. Le recours à ces techniques de formation cherche à répondre à l'enclavement de la ville de Limoges pour attirer des étudiants et se veut une réponse au manque de formations aux métiers de l’Internet. L’approche pédagogique retenue est une organisation en « communautés virtuelles d’apprenants’ qui permettent aux étudiants de se former en situation réelle de conduite de projet en ligne.

 

 

4.1.6. Quels ont les obstacles ?

 

Lister les obstacles est aussi une tâche difficile. Il est trop facile de critiquer telle ou telle partie de la société quand on appartient à l'autre partie. Clairement, il faut disposer des équipements, c'est un préalable. Après, il faut lutter contre le handicap de connaissance, les formes d'exclusion, le handicap psychique. La composante à intégrer est l'infrastructure, faire en sorte qu'un maximum d'utilisateurs accède, dans des conditions économiques satisfaisantes. Il faut rapidement renforcer l'équipement, et avoir des contenus utiles. L'exemple de Besançon est éloquent à cet égard. Ainsi, il s'agit de passer d'une logique pure d'acquisition de connaissances à une participation à la société de l'information via une situation éducative.

 

4.1.7. Le rôle des travailleurs sociaux

 

Le schéma national des formations demande aux formateurs de travailleurs sociaux de favoriser le recours aux nouvelles technologies de l'information et de la communication. Les trois objectifs sont d'éviter la fracture sociale, de réduire les inégalités, d'avoir une distance critique face à l'usage de ces technologies. Ainsi, les instituts régionaux de formation de travailleurs sociaux se sont saisis de cette action dans des formations qui sont toutes en alternance. Ils réfléchissent à des autoformations qui permettent de se former sur les lieux de stage.

 

Il s'agit de ne plus parler de sorcier, ni de rêve. Il faut qu'il y ait un usage courant de l'outil pour en avoir un usage courant auprès de leur public défavorisé. La stratégie est en cascade, l'expérimentation permet de réduire les distances entre les acteurs de la formation, d'où un travers de ces usages vers les publics socialement aidés. Il y a ainsi transfert de compétence. Le contenu du programme concerne les formations aux logiciels, une formation aux outils de communication, une formation aux outils de recherche documentaire.

 

L'enjeu est de définir un continuum de formation. Pour cela il a été créé un lien permanent de réflexion, complément de lien par rapport au présentiel dans l'école. Des partenariats ont été mis en place avec la DRASS et avec les établissements sociaux. Cela intègre donc les tuteurs. L’étudiant se situe dans quatre lieux. le domicile, l'école, l'établissement social, le stage hors employeur. L’idée est de gérer l'interface entre ces différents lieux et utilisateurs. Une liste de documents a été réalisée. Une plate‑forme a été mise à disposition pour le réaliser, où l'idée est de mutualiser les ressources.

 

Les nouveaux utilisateurs sont émerveillés par ce qui se fait avec l'informatique. La logique de déliaison sociale est mise à mal. En revanche, l'expérience de Besançon révèle que l'accès au droit de santé est à organiser, l'accès à la santé est autre, il est plus complexe. Ainsi, il faut que les exclus voient l'intérêt de prendre en compte sa santé avant de se poser la question de comment prendre en compte l'exercice de ces droits.

 

La magie de l'échange numérisé est la création de lien social sur du sens, ce qui revient donc à repousser le plus loin possible le Processus d'exclusion. Dans le réseau des espaces public, 40% des utilisateurs ont au plus 45 ans. Les jeunes viennent dans le libre accès avec un usage autonome. A Besançon, on constate que ce sont les jeunes qui accèdent à l'EPN (Espace Public Numérique), ce sont ceux qui ont le plus d'informatique chez eux.

 

[Image]

De nombreux salons  naissent partout dans le monde, ici dans l’Ile de la Réunion

 

 

4.2. Le travail essaie de se situer entre vie professionnelle et vie le privée

 

A côté des illusions commerciales et économiques de 2000, l'explosion de la bulle Internet a fait redescendre tout le monde sur Terre. On pensait en effet avoir beaucoup demandé mais ce n'était qu'illusion. Il faut maintenant faire attention aux illusions culturelles et sociales.

 

L'accès à l'information par tous et pour tous, en tout lieu et à tout moment, rend la frontière entre vie privée et vie professionnelle plus floue. L'enjeu est de pouvoir maîtriser et canaliser ce phénomène.

 

Faut-il « éduquer » les chefs d'entreprise ou l'employé doit-­il lui-même « se faire violence » en éteignant ses appareils mobiles et informatiques au moment ou il est en droit de le faire. La question des nouveaux rapports sociaux et au travail est en marche.

 

Internet et les nouvelles technologies ne sont pas utilisables par tous. Yves Lasfargues en fait une évaluation statistique. Si l'administration semble impactée dans son ensemble, 25% de la population manque à l'appel et n'aura jamais besoin de ces technologies dans le travail. Pire, il faut bien être conscient que 30% des gens ne savent pas, et ne sauront jamais se servir de ces nouvelles technologies.

 

4.2.1. Les douze évolutions du travail

 

Yves Lasfargues décèle douze évolutions du travail comme enjeux culturels et sociaux de la société de l'information.

 

Les grandes évolutions du travail qu'il nous faut apprendre à gérer dans la société de l'information 12 tendances dans l'évolution du travail et des métiers

 

ABSTRACTION

INTERACTIVITÉ

ABONDANCE

CHRONOPHAGIE

LOGIQUE CONTRACTUELLE

QUALITÉ TENDUE

VULNÉRABILITÉ

RESEAUX ET EQUIPE VIRTUELLE

NOMADISME

TRANSPARENCE

POLYVALENCE

CYBER HIERARCHIE

 

 

L'auteur explique cette évolution. Vers un travail de plus en plus ABSTRAIT: le travail s’effectue sur la représentation de la réalité apparaissant sur l'écran informatique et non plus sur la réalité. Vers un travail de plus en plus INTERACTIF: le travail consiste en un « dialogue » homme /machine pendant une grande partie de la journée (40% des utilisateurs de micro­ ordinateurs restent plus de 4 heures par jour devant un écran). Vers un travail exigeant une gestion de l'ABONDANCE de plus en plus complexe. Nous savons tout numériser vite et au moindre coût, et le nombre de données numérisées mises à  notre disposition augmente chaque jour :  plusieurs centaines millions de pages sont déjà accessibles sur Internet, et ce nombre croit régulièrement. Il faut donc gérer cette abondance de données, pouvant aller jusqu'à la saturation.

 

Vers un travail exigeant une GESTION DU TEMPS de plus en plus délicate, car les innovations technologiques sont de  plus en plus chronophages. Plus les technologies vont vite, plus nous avons, l'impression de manquer de temps. Vers un travail en LOGIQUE CONTRACTUELLE. Les entreprises de certains pays fonctionnant depuis longtemps selon la « logique contractuelle » (USA, pays anglo-saxons, pays d’Europe du Nord, ... ): bien travailler, c'est respecter, à la lettre, le contrat passé. par exemple entre le chef et le collaborateur. Dans las pays «à logique de l'honneur » (pays latins, dont la France), bien travailler c'est essayer de comprendre l'esprit du contrat et « faire différemment, mais mieux ».

 

Vers un travail en QUALITÉ « TENDUE » : il faut gérer l'ensemble « flux tendu + qualité totale + flexibilité ». Vers un travail sur des systèmes de plus en plus VULNÉRABLES: du fait de leur complexité les outils technologiques sont de plus en plus fragiles, d'où la nécessité de savoir gérer les nombreux aléas (pannes, intrusions, virus, attaques frauduleuses, ... ). La gestion de la panne sera l'une des activités les plus importantes de la société de l'information. Vers un travail en RESEAUX: les T.I.C. permettent de multiplier les communications transversales qui viennent compléter ou perturber les traditionnelles communications verticales.

 

Vers un travail exigeant une GESTION DE L'ESPACE de plus en plus délicate: se développent le travail en équipe virtuelle, le télétravail mixte nomade, le commerce électronique à distance. Vers un travail exigeant la gestion de la TRANSPARENCE car toute activité effectuée sur un réseau électronique peut être enregistrée à distance. Vers un travail exigeant de plus en plus de POLYVALENCE, en particulier avec le développement des rapports commerciaux avec le client. Vers une CYBER HIERARCHIE, car le rôle des cadres est remis en question.

 

4.2.2. Des cyber-rapports sociaux à la mesure du travail dans la société de l'information.

 

Pour Yves Lasfargues, les douze évolutions du travail sont ressenties de manière très contradictoire selon les individus. Pour beaucoup de personnes elles sont sources de plaisir et sont jugées comme étant positives, qualifiantes et valorisantes. Pour d'autres elles sont sources d'exclusion. Force est de constater que nous ne connaissons encore que peu de choses sur les effets réels à long terme de ces évolutions, qui doivent encore être étudiées par les chercheurs, car les études sont encore trop peu nombreuses sur la généralisation de ces évolutions déjà présentes ponctuellement. Mais l'analyse détaillée de ces évolutions a mis en lumière les différences essentielles entre le travail dans la société de l'Information et le travail dans la société industrielle.

 

Dans la société industrielle.

 

Le travail, c'est d'abord de la fatigue physique. Toute réflexion sur les conditions de travail est dominée par la notion de fatigue physique, et la plupart des efforts pour améliorer les conditions de travail portent sur des facteurs physiques. On cherche à diminuer le temps de travail (car on estime que la fatigue physique est proportionnelle au temps de travail), on cherche à améliorer l'environnement physique (chaleur, bruits, poussières, ... ), on cherche à améliorer la sécurité physique (réduire les accidents du travail), on cherche à supprimer les travaux pénibles (mécanisation, automatisation).

 

Dans la société de l'information.

 

Le travail, c'est encore de la fatigue physique, mais c'est aussi beaucoup de fatigue mentale, de stress et aussi de plaisir. Ces trois dimensions n'étaient pas absentes des travaux de la société industrielle car comme le disent les ergonomes. Nil n'existe pas de travaux manuels, il n'existe que des travaux induisant à la fois des charges physiques et des charges mentales". Mais charge mentale, stress et plaisir occupent aujourd'hui, dans les enquêtes sur les conditions de travail chez les salariés, une place qu'ils n'avaient pas auparavant.

 

Comment mesurer la pénibilité dans la société de l'information ?

 

Deux nouveaux indicateurs doivent être construits selon Yves Lasfargues pour compléter l'indicateur traditionnel de mesure de la pénibilité qu'est le temps contractuel de travail. Il faudra être LUCIDE sur le niveau de deux nouveaux indicateurs car tous les effets du travail ne sont pas proportionnels au temps :

 

Indicateur n°1 : mesure de l'équilibre des temps

 

Il faut évaluer l'ensemble des temps pour dresser le graphique  de répartition des activités. Etre LUCIDE sur la répartition des différentes activités doit permettre de répondre aux questions : l'équilibre entre ces activités est-il satisfaisant? Pour moi? Pour mes proches? Comment le faire évoluer ?

 

Indicateur n°2: mesure de la charge de travail ressentie ou ergostressie.

 

C'est la combinaison de la fatigue physique, de la fatigue mentale, du stress, de l'ennui et du plaisir. Etre LUCIDE sur la mesure de l'ergostressie, et son évolution dans le temps, permet de prendre conscience des principaux facteurs qui agissent sur les conditions de travail, sur le « bien être » au travail, et d'agir individuellement et collectivement pour les améliorer.

 

4.2.3. Un cadre juridique à réviser

 

Il faut exposer le cadre juridique et montrer que le lien entre vie privée et professionnelle est étroit. Les frontières limites sont beaucoup plus diffuses et différentes dans le domaine informatique.

 

En matière de TIC le droit doit continuer de s'appliquer. Les délits informatiques, comme le piratage, l'usurpation d'identité ou l'altération de données, l'utilisation de copie illicite de logiciel sont répréhensibles par la loi. Et la tentative suffit au délit. Les copies illicites de logiciels sont des contrefaçons au titre des droits d'auteur. Les sanctions sont lourdes (2 ou 3 mois de prison, et en plus des dommages et intérêts pour la partie civile). Mais au sein d'une entreprise qui est responsable ? L'employeur ou l'utilisateur ? En France, on va vers plus de répression pour aller vers des sanctions plus fortes. Un premier procès d'un salarié a eu lieu au Mans (Sarthe). La notion de délit est en extension. Par exemple, la diffusion de virus est punie par la loi. Les augmentations d'infractions ont conduit à un comportement plus répréhensif de la part des autorités.

 

Comment règle‑t‑on ces problèmes au sein de l'entreprise?

 

En la matière, seules les jurisprudences récentes peuvent nous renseigner. Le domaine de la sphère privée dans l'entreprise, sur le lieu de travail est bien présent. Même si l'employeur fournit le matériel informatique, l’utilisateur, c’est à dire l’employé, a le droit à la vie privée. Par exemple l’envoi de courrier électronique de personne à personne fait partie du domaine privé, même au sein d’une entreprise. Ce secret des correspondances est soumis à la loi du 10/07/91. L’interception de courrier électronique est donc réprimée. Si l'on veut espionner les messages échangés par un des ses employés, on doit au préalable l'en informer. Il faut en effet avertir son employé que sa boite mail a été mise sous surveillance. C'est le droit à l'information du salarié. Il est important de noter que si un employé utilise son ordinateur pour ses besoins à des fins illégales, son employeur ne peut pas le lui reprocher s'il ne l'a pas averti qu'i 1 n'en avait pas le droit au préalable.

 

Exemple de jurisprudence : les factures de téléphone (Montpellier, 06106101)

 

Un employé utilisait son poste téléphonique au travail à des fins personnelles. Son employé en a apporté la preuve à l'aide des factures détaillées. Cette preuve fut jugée illicite dans la mesure où l'employé n'avait pas été prévenu qu'il était sous surveillance.

 

Il est à noter que l'utilisation à titre personnel d'un ordinateur de l'entreprise ne peut se faire qu'à condition que cela n'empiète pas sur la vie professionnelle. Le contrôle est possible mais il ne doit pas se faire à l'insu de la personne et la pertinence du moyen de contrôle doit être justifié.

 

Il est important de noter que la France est encore en évolution permanente en matière de droit des TIC.

 

4.2.4. Des professions au cœur de l'information.

 

 

Les journalistes, les bibliothécaires sont des professions qui sont au cœur de l'information. Le méfier de bibliothécaire est l'une des professions les plus impactées par les technologies de l'information et de la communication. L’ADBS (Association des professionnels de l'information et de la documentation), a réalisé un texte montrant le rôle fondamental joué par les professionnels de l'information‑documentation dans le développement harmonieux de cette société. Au sein de sept grands domaines d’activité, il met en lumière leur savoir-faire et propose un certain nombre d’actions à mener qui consiste à favorise l’accès à l’information pertinente, contribuer à une conservation réfléchie de l'information, former au management de l'information. Une tâche plus technique consiste à assurer l'interopérabilité des systèmes d'information. Enfin, l'ADBS désire défendre les droits des utilisateurs et agir en partenariat.

 

[Image]

Un autre exemple de cabine publique dans le monde, ici au Japon.

 

4.3. Le mariage heureux ou conflictuel de la culture et des médias électroniques.

 

L’apparition des médias électronique oblige de repenser les relations des hommes et des femmes avec les arts et la culture.

 

4.3.1. Les arts numériques.

 

La numérisation du patrimoine présente l'avantage de rendre les oeuvres visibles et donc inaltérables dans le temps, mais aussi présente le risque d'une privatisation de la culture.

 

La numérisation du patrimoine est un p oint important qui est à poursuivre. Il faut entraîner dans cette évolution tous les pays du monde. Toutes les formes de Patrimoine devraient être prises en compte. Notons à cet égard que les grandes firmes se sont cassé les dents sur ce sujet. C'est en particulier le cas de Microsoft, dont le patron s'était engagé dans cette voie en souhaitant numériser l’œuvre intégrale de Léonard de Vinci. Il avait fait l'objet de critiques de la part des associations anti­mondialisation. La société s'est retirée du fait des coûts excessifs d'un tel projet. La France dispose d'une grande expérience dans ce domaine avec la numérisation du musée du Louvre et la création du pôle numérique d'Avignon. Celle-ci pourrait donc être mise à disposition des autres pays.

 

 

MUSENOR : site Internet et base de données régionale des 33 musées de la région Nord‑Pas de Calais.

 

MUSENOR constitue une base de données régionale des collections des 33 musées publics de la région Nord‑Pas de Calais. Un site Internet a été ouvert pour permettre l'accès à cette base. Il constitue le premier serveur de ce type réalisé en France au niveau régional. Le porteur de projet est l'Association des conservateurs des musées du Nord‑Pas‑de‑Calais.

 

 

4.3.2. Faire vivre les artistes dans ce monde du numérique..

 

Les artistes ont besoin d'être proches de l'espace commun, c'est ce qui explique la recherche d'un financement solidaire.

 

La demande artistique est en danger selon de nombreux artistes. Cela serait dû à la structure du marché qui conduit à un exercice des plus précaires qui s'apparente à la survie. Cet exercice est fondé sur un couple lié entre la cotisation et la prestation. Le nombre de jour de cotisation ouvre droit à des prestations. La cotisation donne des droits qui mettent en avant la valeur d'usage des biens associés à la production artistique, comme le disque, le livre…

 

Une idée, qui était débattue à Uzeste (Gironde) à la fin du mois d'août 2003, serait de créer des mutuelles de public. Il s'agirait de faire un acte social, qui consisterait à introduire une nouvelle solidarité. Elle devrait permettre de placer des artistes sur des échelles. Les mutuelles devraient laisser de la liberté aux artistes. Il s'agit de constituer un rapport entre l'artiste et les personnes concernées qui soit plus large que le fan club. L'apport du système mutuel ou coopératif serait important et éviterait la stigmatisation d'un processus social fondé sur la pauvreté, où le social agit par des bons de repas et des réductions sur les services, régime auquel sont confrontés de nombreux artistes.

 

L'autre idée serait de créer des « spect‑acteurs », c'est à dire des personnes qui agissent et réagissent face à la production artistique. Cela imposerait d'obtenir une certaine dilution de cette économie de marché. Les artistes assureraient ainsi leur re‑insertion depuis leur rôle d'inadapté de la société. Pour cela, il faut aussi que les individus face à la production acceptent de parier avec les artistes dans le processus de production artistique, et pas seulement, comme récepteurs des formes culturelles.

 

4.3.3. L'informatisation des médiathèques et des bibliothèques.

 

La bibliothèque francophone multimédia de Limoges est un exemple de l’informatisation de l'accès à la culture. Confronté à l’obsolescence de ses services de documentation municipaux et profitant de l'opportunité d'une opération nationale intitulée « Bibliothèques Municipales à Vocation Régionale » (BMVR), la ville de Limoges a décidé de se lancer dans un projet de modernisation des locaux et des services proposés par sa Bibliothèque Municipale (BM) dans le territoire de Limoges et du Limousin. Les services proposés sont tous non‑marchands, à l'exception des frais de port payables en ligne dans le cas des prêts de livres à l'international (NB : ce paiement des frais de port a été validé par une dérogation du ministère des Finances). Un recours important au multimédia pour la bibliothèque a été voulu, faisant de la BM de Limoges une structure reconnue nationalement et internationalement sur certains aspects liés aux TIC (paiement en ligne des frais d'expédition à l'étranger des ouvrages ... ).

 

4.3.4. Médias, nouveaux médias.

 

La presse serait depuis 1791, un quatrième pouvoir ou un contre‑pouvoir. Le pouvoir de l'information renverrait à une éthique de la presse. Il faut déterminer la valeur de l'information, de son intérêt démocratique. Le libéralisme devrait faire que la valeur essentielle corresponde à la valeur marchande. Le risque est de faire des informations qui ont une valeur commerciale, et donc parfois, sans valeur réelle (par exemple une personne connue en maillot de bains). Il y a des modèles de média, qui émergent. Par exemple, la dépêche est un modèle. C'est sur ce modèle qu'est construit France Info.

 

Trois débats pourraient être lancés sur ce sujet.

 

Le premier consiste à chercher, et à distinguer un « service public de l'information » doté de règles et de lois protégeant l'indépendance des journalistes, de deux extrêmes, celui d'un service de propagande gouvernementale, et celui des services d'information totalement privée.

 

La deuxième question, qui sera traitée dans un autre chapitre veut savoir comment limiter le contrôle des médias par des groupes économiques ayant des Intérêts dans toute la chaîne de production et de consommation, et qui de surcroît possèdent les entreprises qui font de la publicité sur ces médias concentrés, induisant par cela même un type de discours formaté.

 

Le troisième point consiste à développer les médias associatifs, locaux ou communautaires qui se fixent comme objectif de servir exclusivement les populations qu'ils touchent.

 

Quel avenir pour les télévisions locales et de quartier ?

 

Le fait de s'intéresser aux usages des technologies ou plutôt des relations « sciences, technologie et société » est une source de questionnement dans le cas des télévisions locales et de quartier. Il y a deux ou trois ans, la question des technologies tenait le devant de la scène. La numérisation, la télévision sur ADSL, sur wifi, le DAB (Digital Audio Broadcasting), le DVB (Digital Video Broadcasting), la TNT (Télévision Numérique Terrestre) étaient plus des mots que des réalités. Aujourd'hui, la convergence des technologies de communication et la numérisation sont non seulement en marche, mais existent. De plus, des formes d'obsolescence technologique existent. A l'heure où le devenir de la TNT est contesté, où les télévisions sur le Web ont disparu, la notion de télévision locale relance le débat. Les systèmes WiFi, le Web, l'ADSL sont des moyens de diffusion modernes qui se placent comme des alternatives beaucoup moins coûteuses, et sûrement pas concurrentes, à la diffusion hertzienne, le câble et le satellite.

 

Des aspects politiques sont clairement en retard sur leur calendrier.

 

Le paquet de directives sur les technologies de l'information, traduit en français par « paquet telecom » touche l'audiovisuel. Il aurait du être mis en conformité dans le droit français fin juillet 2003. Ces directives font la promotion des technologies de télécommunication et d'audiovisuel. Ces directives entérinent la convergence des technologies. Ainsi, la loi aurait dû être transcrite dans de nombreux droits nationaux, y compris en France. Mais dans ce domaine, les vieux démons renaissent. Le régulateur unique souhaité met en cause l'avenir de l'ART (Autorité de Régulation des Télécommunications) et du CSA (Conseil Supérieur de l’Audiovisuel). Les deux présidents préfèrent conserver leurs organismes respectifs. Devant la difficulté de faire voter les lois, le gouvernement introduit des mesures dans d'autres lois, on parie même d'ordonnance, de décrets par exemple pour l'ouverture de la publicité aux secteurs interdits en 2004. L’introduction dans d'autres lois, comme par exemple le plan câble dans la loi sur la privatisation de France Telecom est plutôt considérée comme une approche sournoise, afin d'éviter ceux qui auraient mené des actions de lobbying ou de combat politique. Le retard dans ce domaine est certain.

 

Les acteurs locaux des télévisions ont vécu difficilement les annonces politiques aussi bien à l'ONU, puis à VUIT (UIT­R), maintenant le Sommet Mondial pour la Société de l'information, le sommet des régulateurs, et sur le plan français les CISI, CIADT, le plan RE/SO 2007. A cela s'ajoutent les débats de l'OMC, et en particulier le futur AMI et l'AGCS (Accord général sur le commerce des services). A cela s'ajoute des meetings comme le Forum Social Européen. Les modes de régulations politiques ne peuvent être l'essentiel du propos.

 

Des idées reçues permettent de repousser le développement des médias locaux

 

L'expérimentation salvatrice.

 

La première de ces idées reçues consiste à insister sur le fait qu'il faut expérimenter, cette nécessité n'est pas réelle au moment où les technologies sont assurément matures. De plus, les juristes de tout crin sont allés dans le même sens, d'où l'idée des licences « lex », des fréquences expérimentales. Par ce qu'elles sont expérimentales, il faut donc qu'elles soient limitées dans le temps. Alors, on génère l'idée qu'il faut faire," ses preuves. Cela devient un gag digne de Coluche, il faut montrer que l'expérience nécessairement limitée dans le temps est pérenne.

 

De plus, il faut montrer son professionnalisme. C'est beaucoup mieux car avant, il fallait montrer son argent. Ouf, on a abandonné les systèmes censitaires, mais immédiatement d'autres contraintes, plus ou moins bloquantes sont nées. L’idée consiste à affirmer qu'il faut tester la technologie. Les décisions liées aux contraintes de contrôle (pas d’émission pendant les campagnes électorales) sont restrictives. Les projets ne peuvent rester enfermés dans une logique associative, et en même temps, demander aux acteurs de faire leurs preuves avant de devenir professionnel.

 

Une autre idée reçue concerne le contenu : proximité, réalité, vérité ... Il va falloir débattre sur ces mots. L'idée que la « télé » réalité serait une fausse télé renvoie à la question: Qu'est ce que la télé vraie ? Ne tombe‑t‑on pas alors dans le piège du mythe de la télé vérité. « Je l'ai vu à la télé, donc c'est vrai ». Dans‑ la réalité, les journalistes ne peuvent le plus souvent restituer que ce qu'on leur donne. Ainsi, dans le local : la presse papier est considérée comme celle de la description des chiens écrasés. L'importance de la communication, plus que le débat dans la vie politique, cherche un renouvellement de la notion de proximité. Dans la mondialisation, une télévision locale, c'est voir ce qui se passe dans le Champsaur par des membres qui ont immigré en Argentine. Cette mondialisation localisée est loin de la « régionalisation » voulue par Bruxelles, et le gouvernement français.

 

Le business model, l'équilibre économique d'une télévision locale n'est lié qu'à la question des moyens. Ces télévisions locales doivent montrer la rentabilité des projets, ce qui n'a pas de sens. A cela, s'ajoute l'idéologie que la technologie coûte cher, qu'il n'y a que des ressources rares (les fréquences). Enfin, on entretient l'idée que seul l'Etat, puis les collectivités locales peuvent faire. C'est faux : ce sont des choix politiques : deux ronds points ou un réseau câblé, une voiture de fonction pour l'adjoint au maire ou un émetteur de télévision numérique. L'appel à projet technologies alternatives et collectivités locales et usages du MNRT peut être l'occasion, sous couvert d'expérience, de développer les premiers réseaux. La logique du fond de soutien peut être vue comme une « subvention contre quoi », on dispose de la subvention si on respecte des règles. D'autres solutions existent, citons pêle‑mêle la liaison avec la presse locale, les mutuelles de clients. La rentabilité n'a pas d'importance pour une télévision, l'efficacité en a sûrement.

 

Quatre volontés d'acteur.

 

Bien qu'ils s'en défendent, les politiques ont toujours la velléité de contrôler le contenu. Mais, contrôler le contenu passe par le contrôle de la technologie. C’est pour cela que le CSA souhaite se contenter de quelques modes de diffusion. Parfois, les décisions se transforment en mesure individuelle.

 

Les grandes télévisions et les grands médias se heurtent à deux problèmes : leur vision concurrentielle, où les télévisions se confrontent à la presse papier locale et aux journaux gratuits de publicité, leur vision compétence où la question est : « Ne serais‑je pas dépassé ? »

 

Les citoyens, ne voient pas nécessairement l'intérêt d'être formés, et informés par la télévision, qui est plutôt un outil somnifère. Les télévisions locales doivent se poser la question du contenu qu'ils doivent proposer. « participer, c'est le mot clé ». Le rôle des associations doit dépasser le jeu d'une société civile qui se heurte au politique. La coordination des infirmières, le groupe « ni putes ni soumises » désire communiquer par l'image et ne dispose que des grandes chaînes qui ne leur laissent que quelques minutes.

 

Les fournisseurs de technologies ne savent pas s'adapter. Les émetteurs et les réseaux d'accès fournis par les grands constructeurs sont coûteux. Nos champions nationaux, Thomson, Alcatel ne savent pas vendre en dehors des relations d'Etat et de grands groupes. Dans le cas du développement de ce secteur, le risque est qu'ils soient laminés.

 

Que faire ?

 

La logique de marchandisation de la société d'information est en route, on dispose de différents modes d'action : faire du lien social, faire de l'éducation (populaire), permettre des accès  « simplifiés » à la culture.

 

Faire du lien social.

 

La création de communautés peut aider à ce que les gens se retrouvent. C'est tout l'intérêt des « télé brouettes ». Les matchs du club de football local sont des outils communautaires par excellence. Ces communautés intéressent les marchands, en particulier pour la publicité qui devient ciblée.

 

Faire de l’éducation (populaire).

 

Les télévisions éducatives peuvent contribuer à exploiter des fonds documentaires (comme ce peut être le cas de Tam Image). Il n'existe pas d'émission spécialisée dans l’éducation en France, excepté l'effort de France 5 dans la cuisine et la géographie. D'autres télévisions peuvent se mettre en place.

 

Le CISI du 10 juillet 2003, créant la télévision universitaire sur Internet est une réponse à la marchandisation de la formation, qui est représentée par l'exemple de l'université américaine MIT.

 

Accéder à des cultures et à des jeux.

 

Les télévisions locales permettent à la fois d'accéder à des cultures lointaines comme les savoirs‑faire des voisins. Les jeux sont à la mode et on peut en imaginer de toutes sortes avec des ressorts locaux. Jeux avec d'autres, ... jeu contre ou jeu avec ? Jeux d'élimination ? Dans la question de la marchandisation de la culture, il s'agit alors de faire vivre les acteurs de la culture. Cette question est importante dans le débat posé par les « intermittents ».

 

Trois voies.

 

Dans la question du développement de l'audiovisuel local, d'autres structures, autres que l'association « loi de  1901 » et la société privée capitalistique sont possibles. Les télévisions peuvent être construites par des créations autour des DSQ (développement social de quartier) ou la création d'emplois.

 

Les télévisions locales peuvent se placer dans les appels à projet de solutions alternatives, et les licences expérimentales, mais cela peut se traduire par des autorisations temporaires. En ce qui concerne les nouveaux modes de diffusion comme la télévision numérique terrestre, le temps d'équipement des ménages risque d'être long.

 

Une autre approche consiste à attendre que les textes évoluent, il s'agit principalement du code des collectivités locales, du « paquet télécoms ».

 

Une dernière solution, qui s’apparente plus à une tactique est d’annoncer des projets géants pour faire réagir les acteurs.

 

Quelle que soit la solution choisie, ce qui est le plus important, ce n'est pas le statut mais la ligne éditoriale et l'initiative locale. La contractualisation entre les porteurs de projets et les collectivités territoriales doit permettre de définir des engagements pour les télévisions locales et ainsi justifier l'utilisation de l'argent du service public a autres choses que des chaînes nationales.

 

[Image]

Emission de télévision consacrée à l’éducation à Internet et aux réseaux, ici sur une chaîne de l’Ile de la Réunion

 

 

4.4. Le tourisme.

 

Les portails de tourisme se multiplient: les tours operators, les transporteurs aériens, les hôtels directement en ligne, chaînes intégrées et volontaires, les agences de voyages en ligne ou virtuelles.

 

Les agences de voyage traditionnelles vont devoir évoluer, car on peut imaginer s'en passer. Elles peuvent jouer le réseau, tous les réseaux développent leur site avec tarifs promotions ou accès au stock.

 

Les indépendants hôteliers et camping atomisés n'auraient aucune chance s'ils font leur site à part selon Daniel Charavin, directeur du tourisme de la Corse. Seulement une institution peut véhiculer l'image d'une région, ce qui est une difficulté supplémentaire, car il faut fédérer les acteurs, ou mutualiser leur offre.

 

 

4.5. Créer une demande qui ne se fonde pas sur la gratuité.

 

La gratuité (supposée et entretenue) d'Internet se heurte aujourd'hui au financement de cette activité, au moment ou une démocratisation de ces outils est attendue.

 

Pourquoi faut-ilabord créer la demande avant de proposer l'offre ?

 

L'Internet c'est comme un marché de village, il y a d'abord les clients qui ont besoin de s'approvisionner puis les fournisseurs pour subvenir à leurs demandes. Pour que le développement et la démocratisation des technologies se fassent de manière harmonieuse, il convient donc de partir de la demande vers l'offre.

 

La démocratisation implique‑t‑elle la gratuité ?

 

Le réseau s'ouvre progressivement à l'univers marchand en 1998. Depuis cette date, certains cherchent à préserver l'esprit pionnier en préservant la gratuité, d’autres, plutôt adeptes du commerce veulent y appliquer les règles et les pratiques habituelles.

 

L’accès à la culture ne doit pas forcément être gratuit car le savoir perdrait de sa valeur. L’essentiel est d’organiser un réseau à la demande, l'offre viendra après mais sans gratuité automatique. Il faut inventer de nouveaux systèmes de communication pour résoudre les problèmes de la connaissance. Notre héritage culturel nous pose des problèmes éducatifs, puis de formation, puis de citoyenneté. Jadis, l'ascenseur social était fort. Un fils d'ouvrier pouvait devenir cadre supérieur. Aujourd'hui on prend un exclu pour faire un citoyen. Il faut résoudre les problèmes à l'insertion en partant du niveau le plus basique pour arriver à un niveau plus élaboré. Quelqu'un de démuni peut sans problème se payer une connexion à Internet dans une médiathèque. Quand l'accès est gratuit, l’internaute a de suite le réflexe de faire autre chose que ce qu'il avait prévu. De plus, les lieux et le matériel où l'accès est payant, sont plus respectés. L’Internet est un outil. Il faut apprendre aux gens à s'en servir comme un outil, en favorisant son accès mais aussi son respect.

 

Epilogue sur le thème enseignement, travail, loisirs

 

Internet et les nouvelles technologies ne sont pas utilisables par tous. Si l'administration semble impacter dans son ensemble, si l'éducation ne peut plus se passer de ces nouveaux outils, 25% de la population manque à l'appel et n’auront jamais besoin de ces technologies dans leur travail. Pis, il faut bien être conscient que 30% des gens ne savent pas, et ne sauront jamais se servir de ces nouvelles technologies. Cet analphabétisme nouveau devra être combattu comme toute forme d'analphabétisme. Il faut aussi être conscient que certains hommes n'auront jamais Internet comme actuellement certaines personnes n'ont pas de voiture ou ne disposent pas de télévision.