Chapitre
4
L'enseignement
le travail et les loisirs
Le sommet devrait être l'occasion d'appréhender les nouveaux modes d'appropriations individuelle et collective des technologies dans le domaine de l'éducation et de la formation. L'introduction des technologies aura nécessairement un impact sur l'organisation du travail. Il conviendrait de contribuer à rendre lisible l'impact du travail à distance et par les réseaux sur les rapports entre vie privée et vie professionnelle et de débattre de l'impact du travail collaboratif à distance dans sa globalité (enseignement, culture, formation, travail). Le triptyque enseignement/travail/loisirs est la base du fondement de nos sociétés actuelles.
Vincent Lanoo élu à Tourcoing a dressé le contour de ce débat. Les villes
de Tourcoing et de Roubaix, ont connu le succès grâce au textile et au
commerce. A présent, ces villes industrielles connaissent des difficultés
importantes. En effet, dans ce territoire, la main d’œuvre est peu qualifiée,
et les espoirs de promotion sociale sont faibles. Le développement de la région
se fait à présent par la vente par correspondance. Elle requiert un Back‑office
important pour gérer les fiches clients. Il est nécessaire d'acquérir une autre
culture industrielle pour envisager le futur. Les nouvelles technologies ont
donc un rôle clef à jouer dans le développement de la région. Elles peuvent
apporter de réelles opportunités d'ascension sociale. En ce sens, les
technologies ont également un rôle social capital.
Les technologies doivent permettre d'améliorer l’employabilité des
habitants de la région. Elles peuvent d'abord apporter de nouvelles
compétences, plus opérationnelles. Ensuite, elles permettent une meilleure
gestion et transmission des connaissances (knowledge management) et un progrès
réel dans la maîtrise des concepts en entreprise. Cela sera permis par la
démocratisation de l'accès aux solutions apportées par les technologies. Mais
ces technologies ne peuvent être qu'une plus value, moteur d'un développement
progressif et concerté.
Mais, ce n'est pas pour cela qu'il faut faire table rase du passé. Au
contraire, il convient d'avoir « le souci de préserver les cultures passées »,
en particulier, de ne pas condamner ce qui s'est fait avant. Les nouvelles
technologies ne doivent pas imposer une nouvelle vision des techniques la bonne
vision. Elles sont nouvelles, certes. Mais elles doivent toujours laisser
entendre qu' « avant ce n'était pas si mal ».
4.1. L’école évolue face au
nouvel outillage de l'information et de la communication.
L’école est le lieu excellent pour introduire l'usage des TIC, mais il
peut ne pas s'avérer être le lieu de la réduction de la fracture numérique.
Pourquoi l'école et les lieux de formations comme
lieu d'intervention prioritaire?
La mairie de Besançon, comme les autres collectivités font le même
constat, on ne peut pas intervenir directement dans les écoles, car ce n'est
pas dans la compétence des communes, ni des autres collectivités locales. Par
la location d'ordinateurs, la commune est entrée grâce à l'école.
Le changement de logique qui consiste à se centrer sur l'homme doit permettre une meilleure appropriation des technologies, par la population. Ce changement impose l'usage d'une méthode qui consiste d'abord à connaître les populations défavorisées, à les informer et à les convaincre de l'utilité pour eux des TIC. Enfin, il s'agit d'analyser les besoins des citoyens et de les accueillir dans des lieux numériques appropriés. L’Etat doit aller vers les acteurs, y compris les rencontrer dans leurs régions. Enfin, il faut former tous ceux qui le désirent, accompagner les acteurs volontaires dans les montages de projet, de mettre en réseau les utilisateurs. A travers ces formations, les citoyens doivent devenir des acteurs.
Outils versus usages
Ne confondons pas outils et usages. S'il faut créer l'usage de l'outil, ce n'est pas suffisant. La démonstration n'est pas faite qu'avec l'ordinateur on apprenne mieux, mais si on ne connaît pas l'outil, de fait on est vite marginalisé. D'autre part, il faut penser à l'éducation en ce qui concerne aussi la Promotion des cultures et des informations locales. Comme partout, ce n'est pas l'outil qui compte, un menuisier ne se fait pas avec la varlope, affirme un intervenant dans la salle du sommet des villes de Lyon. Ce travail de production local a souvent l'inconvénient de ne pas être structuré et donc n'est pas ou peu diffusable. En revanche, l'expérience montre qu'il est difficile de diffuser des « structures » ou des « squelettes » qui permettraient cette diffusion. Deuxième difficulté, il faut aller vers plus d'appropriation de la technologie que vers l'apprentissage car il ne faut pas nier l'importance de l'appropriation. Cependant, il ne faut pas faire l'impasse sur l'apprentissage.
L'accès des familles défavorisées
au numérique peut-il s'inscrire dans une action éducative de masse ?
La société doit apporter des solutions concrètes aux citoyens
confrontés aux technologies. Ce n'est pas la même chose de parier d'éducation
de masse et de l'éducation destinée à des publics fragilisés. L'enjeu revient
rapidement à désirer une société de l'information centrée sur le citoyen. Une
question subsidiaire est de vérifier que l'on est bien engagé dans une démarche
de développement durable.
La politique d'accès au numérique est diverse. Il s'agit de donner la
priorité à l'accès aux outils ou l'accès à tout public. L'important serait la
logique de lien, c'est surtout le lien d’ordinateurs à ordinateurs. Le choix de
l'accès de masse introduit de nouvelles interrogations. Les populations
défavorisées ont-elles bénéficié de cette action de masse ? Dans un premier
temps, on peut noter que pour une population disparate, la réalité est très
variée.
4.1.1.
L'éducation et la formation pour le développement.
La formation de tous les citoyens est un vrai souci car les TIC
irriguent tous les métiers et notre quotidien. L’Education nationale et
l'enseignement supérieur n'étaient pas préparés à cette révolution. De manière
générale et mondiale, les différentes entités se sont d'abord Intéressées aux
réseaux (avec la construction de réseaux comme RENATER en France) puis aux
logiciels, et enfin aux contenus. Le « plan câble » des années quatre vingt
avait financé des contenus (par le biais de la Caisse des Dépôts).
Une expérience ancienne.
La France dispose d'une grande expérience dans l'introduction de
l'informatique et des télécommunications dans l'enseignement. En France, les
plans informatiques et réseaux ont démarré, très tôt, vers 1969. On peut citer
le plan « Télémécanique 1600 » qui concernait 10 lycées en 1971, qui utilisait
le langage symbolique pour l'enseignement, le nanoréseau, etc... Ces plans sont
pavés de succès et d'échecs dont la description serait utile. Un inventaire des
échecs pourrait éviter à d'autres pays de les renouveler, les succès
serviraient d'exemples. Citons aussi le BTS audiovisuel créé, il y a de
nombreuses années dans le pays basque.
Ces expérimentations ont été inégalitaires. Rappelons que le célèbre
instituteur de « Piquecos », avait été menacé d'exclusion pour avoir
utilisé l'outil informatique en classe et construit des relations par minitel
avec les parents.
La remise en cause des
articulations traditionnelles et de la position de l'école dans la société.
La remise en cause des articulations traditionnelles du monde de
l'éducation, en particulier de la relation éducation/parents et
éducation/entreprises, est une occasion à saisir. On ne peut dissimuler le fait
qu'une bonne éducation est un outil de développement. D'autres articulations
sont plus particulièrement remises en cause par les réseaux. Elles devraient
être analysées au plus tôt.
La séparation formation initiale et formation continue a vécu. On parle d'éducation tout au long de la vie. Les possibilités des réseaux deviennent un facteur dynamisant, notamment l'enseignement à distance, le Web éducatif et les chaînes de télévision éducatives (ex de l'Italie). La multiplication de chaînes de télévision réellement éducatives, multilinguistiques serait un enjeu (ex. création d'une chaîne telle qu’'Euronews mais éducative). Ces chaînes pourraient en effet être disponibles pour des publics qui ne pourraient pas accéder aux lieux d'enseignement classiques. La première d'entre elles devrait être centrée sur les TIC.
Evanouissement de la frontière
privé‑public
La deuxième articulation qui s'évanouit est la frontière entre les
secteurs public et privé. Le passeport informatique, qui atteste d'une
connaissance dans le domaine informatique, audiovisuel et télécommunications,
pourrait être confié au domaine privé comme c'est le cas pour le permis de
conduire aux auto‑écoles. L'entrée de firmes dans le monde éducatif est
une révolution qui inquiète mais qui devient nécessaire par carence du milieu
éducatif dans ce domaine. Donnons un exemple: l'enseignement des réseaux est
une variable importante dans le développement d'Internet et en particulier de
son usage dans l'entreprise. Thierry Drilhon, PDG de CISCO France, insiste sur
ce point, car selon lui, nous allons être confrontés à une vraie carence dans
l'environnement des réseaux. D'ici à 2005, il manquerait entre 25000 à 50000
professionnels jeunes et moins jeunes. Pour parer à ce problème, la firme a
créé la « Cisco Network Academy », qui regroupe 8500 établissements dans le
monde, dont 170 en France, incluant l'INT. Le « système» comprend 280 heures de
formation en e‑learning.
Transdisciplinarité des TIC
Enfin, la « transdisciplinarité » des technologies de l'information est
grande. Elles irriguent toutes les disciplines, on n’enseignera plus les TIC
pour étudier les technologies de l'information, mais les TIC interviennent dans
toutes les disciplines.
4.1.2.
L'impact de l'introduction des technologies dans l'enseignement
Une éducation innovante est la revendication des acteurs, elle est
nécessaire pour la formation des élites, pour un droit d'accès à tous à la
connaissance, pour un soutien au monde francophone. Un rôle nouveau est donné
aux enseignants qui désirent, eux-mêmes, être entraînés à l'utilisation des
TIC. A partir de là, ils pourront imaginer des usages auprès des élèves. La
formation des élites et le droit d'accès à tous ainsi que le soutien au monde
francophone sont donc les principaux enjeux de l'éducation.
4.1.2.1.
Pour les élites...
Former des dirigeants au
management des systèmes d’information, et transmettre la capacité d’utiliser
ces technologies devient primordial pour la performance des organisations.
Parmi ces dirigeants, les gestionnaires des collectivités territoriales et
locales doivent faire l’objet d'un effort important. Des formations spécifiques
et mutualisées devraient être conçues spécialement à leur intention.
4.1.2.2.
Droit d'accès pour tous...
L'usage des outils de communication est un droit du même ordre que
celui de conduire sa voiture et de se déplacer. La reconnaissance de ce droit
devient une nécessité mondiale. Ce processus devrait, en effet, se faire de
façon analogue au permis de conduire, c'est à dire indépendamment du niveau
d'étude des individus. Pour ce faire, il faudrait se focaliser sur le passeport
informatique, déjà cité, ou PCIE (Passeport pour les Compétences Informatiques
Elémentaires) devenu récemment B2i et C2i ou sur un brevet de compétences
informatiques qui s'affranchirait des modèles trop commerciaux, de portée
mondiale, et deviendrait un facteur clé du succès pour la formation des jeunes.
A ce point, le problème de l'accès n'est pas seulement un problème de
compétence individuelle. Autrement dit, l'analogie avec le permis de conduire
n'est pas totalement pertinente.
[Image]
Toutes les cabines publiques se ressemblent, ici en Californie.
Le B2i (Brevet d’Informatique et d'Internet) est destiné aux écoles et
aux collèges. Il a été définitivement publié au Bulletin Officiel de
l'Education nationale le 23 novembre 2000. Il se définit comme une série de
savoir‑faire.
Le C2i (Certificat d’Informatique et d'Internet) est destiné à
l'enseignement supérieur. Il a été publié plus récemment dans le Bulletin
Officiel de l'Education nationale le 9 mai 2002. Il se définit pour valider la
capacité de l'étudiant à effectuer certaines tâches avec des outils de l'information:
Rechercher l'information
Récupérer des données et les traiter
Gérer des données (bases de données, requêtes)
Sauvegarder, archiver et rechercher des données
Présenter le résultat d'un travail en présentiel et à distance
(présentation et publication assistée par ordinateur)
Echanger et communiquer à distance
Produire en travail collaboratif
Se situer face aux problèmes et enjeux de l'utilisation des TIC (droits
et devoirs, aspects juridiques, déontologiques et
éthiques... ).
4.1.2.3. Soutien au monde
francophone...
Mettre à disposition des formations gratuites pour le développement du français passerait par la création de plates-formes d'éducation très « basiques », c'est à dire dès l'apprentissage de l'écriture, de la lecture et du calcul. Ce soutien culturel est déjà promu par des pays comme la Chine pour leur propre langue officielle.
La prépondérance des langues pose le problème du rôle du réseau des
pays francophones et, par là même, le maintien du poids de la France au niveau
mondial. Il semble que pour relever le défi, il conviendrait de promouvoir le
pluralisme culturel.
4.1.2.4. La formation
professionnalisée
La Net Business Academy, du Digiport de Lille, est une école d'affaires sur les TIC pour les entreprises. La formation est issue d'une réflexion menée avec les entreprises. Le concept se décompose en plusieurs concepts clefs : analyse des besoins en compétence de l'entreprise, intégration des nouvelles technologies dans la formation, création plate forme régionale des TIC, offre de formations orientées métiers (fondées sur un modèle « juste nécessaire, juste à temps »), enfin promotion des compétences TIC du Nord‑Pas‑de‑Calais. Ces formations visent principalement les demandeurs d'emplois, les salariés des entreprises et des collectivités publiques, et les jeunes diplômés. Elles offrent la possibilité d'acquérir de nouvelles compétences technologiques, ou de procéder à une nouvelle orientation de leur métier.
Le but de ces formations à un niveau plus global est clair: il s'agit d'adapter l'appareil productif traditionnel aux contraintes de la mondialisation et de la compétition internationale, et de développer de nouveaux emplois dans l'économie numérique.
L'organisme propose 4 types de formations :
‑ assistante TIC
‑ chef de projet TIC
‑ métier de e‑formateur
‑ métier de formateur tic
L'objectif n'est pas de créer une nouvelle formation concurrente à celles déjà existantes, mais de faire naître un véritable espace de convergence afin d'additionner les valeurs ajoutées des autres partenaires. En ce sens la participation des entreprises est essentielle afin d'anticiper l'évolution et la mutualisation des métiers, ainsi que de permettre l'adaptation permanente des formations aux besoins des entreprises.
Ce concept novateur peut jouer un rôle clef dans l'économie actuelle s'il ne perd pas de vue la démarche constamment ouverte pour permettre l'intégration de nouvelles formations adaptées aux besoins du marché. Notons également que ce qui est Important dans la réussite de ces formations est la dimension régionale forte.
4.1.3.
La place des enseignants
A l'école, les enseignants jouent un rôle clé. La place des TIC y est
nouvelle. Si le temps où le seul ordinateur de l'école jouait le rôle de pot de
fleur sur le bureau du directeur est révolu, l'introduction des TIC dans
l'école reste faible, tous les arguments sont là pour en retarder l'arrivée.
Les TIC à l'école seront-ils des
outils de réduction de la fracture ?
En ce qui concerne l'impact des TIC à l'école, Nicole Picard, inspectrice d'académie rappelle qu'on n'a pas de résultat précis. L'informatique connectée est un outil supplémentaire et motivant, mais n'est pas une réponse à toutes les difficultés. Le projet de tous Permet la démocratie, car l'égalité est plus prégnante. L'accès à l'outil, d'où l'idée de fournir les compétences minimales par une acquisition dès l'école élémentaire.
Un nouvel outil pour l'enseignant.
L'informatique
est un outil, mais la compétence en lecture des élèves va intervenir sur leur
compétence dans son usage. Les élèves qui disposent d'un ordinateur à domicile
sont plus à l'aise que les autres. Ainsi, les équipements des écoles
maternelles permettront de familiariser de façon plus précoce les enfants. En
ce qui concerne la lutte contre l'illettrisme, l'outil informatique avec un
accompagnement adapté devrait trouver sa place dans cette action.
Les contraintes pédagogiques
Le
plus grand problème est la formation des enseignants, mais pire encore, le
problème le plus complexe est la disponibilité du matériel, c’est-à-dire le
concept de l'ordinateur à la portée de la main, c'est-à-dire disponible à tout
moment dans I’acte pédagogique. Les outils de l'informatique et des réseaux engendrent
de nouvelles difficultés pédagogiques. Elles proviennent du fait qu'il y a
désynchronisation de plus en plus importante du temps de l'enseignant et de «
l’apprenant », du fait de la disponibilité réelle des équipements.
Le rôle des éducateurs spécialisés dans ce domaine.
A
Besançon, l'initiation se fait dans les salles informatiques avec le soutien
d'aide‑éducateurs. Ainsi, les didacticiels Permettent de faire des
progrès en français ou en mathématiques. C'est le résultat d'une pédagogie
différentiée, qui prend donc en compte des différences pas nécessairement exprimées.
Cette réussite est possible car l'outil est motivant et l'évaluation peut se
faire en dehors de la surveillance du maître. A titre d'exemple, dans une
classe de CM2, certains élèves maîtrisent la possibilité des brouillons et,
donc, des modifications faciles.
Le
constat pragmatique de Besançon où l'enseignant n'est pas en prise avec ce
nouvel outil est refusé par d'autres régions qui souhaite voir l'outil saisi
par le monde enseignant. C'est en particulier le cas à Lille et dans les Pays
de la Loire. Cela pose la question de l'utilisation de TIC dans le système
éducatif français. Est-il possible d'appliquer un modèle dans lequel les Tic
sont obligatoires dans la formation des enseignants ? Cette question part d'un
constat simple. Dans le domaine de l'éducation nationale, le taux d'équipement
est très bon, mais il existe un réel problème d'appropriation par les
enseignants.
De nouvelles formes de productions scolaires et d'accès à l'information
La
communication n'entre pas en compte seulement en terme d'informations et de
projets. La production d'écrits et la lecture ne sont pas aisés pour les élèves
en difficulté. Avec l'informatique, cela devient un exercice motivant, porteur
de sens. Cet exercice impose des formes d'écrits particuliers, car la langue de
scolarisation est différente de la langue de la communication familiale.
Cela
permet l'accès à tous à de nouvelles formes d'information, comme la banque de
programme de la 5, les espaces numériques de savoirs, l'accès à des vidéos
simples. Cela permet aussi de disposer de courtes séances de vidéo en science.
Une aide est apportée aux élèves qui n'ont pas accès à ces documents de façon
aisée.
Retour sur la nécessité de compétence, en lecture écriture
Les
effets de la mise à disposition des ordinateurs dans les familles sont
positifs. Ils améliorent la relation parents/enfants. Premier constat, le suivi
scolaire est renforcé, cette action est favorisée par le fait d'utiliser les
mêmes logiciels à l'école et à la maison. L'enfant peut mettre au propre à la
maison un texte mis en chantier en classe. Le deuxième point positif est la
création d'un lien famille/école. Ce type de lien est utile dans le cas des
enfants partis en classe de découverte, en colonie, ou plus simplement à
l'hôpital. L’enfant malade à l'hôpital ou à la maison n'est pas coupé de ce qui
se passe dans la classe. Le troisième apport est la gestion facilitée du
quotidien comme les évaluations, les absences, le cahier de liaison qui devient
électronique. Ainsi, la relation enfant parent pourra être renforcée. En
revanche, il faut éviter que l'enfant se noie dans une recherche Internet,
l'accès Internet ne suffit pas, il faut comprendre les questions, les sujets
proposés.
Les
perspectives de développement sont diverses et multiples. L’école s'efforce d'y
réfléchir afin de s'assurer du bon impact du dispositif. Il faut être
imaginatif tout en évitant les dérives. Selon les pédagogues, il faut faire en
sorte que les savoirs de base soient des éléments importants.
4.1.4.
Le nouveau rôle des élèves et des étudiants
Certains Etats sont demandeurs d'ouverture de possibilités pour construire des industries culturelles locales. Ces possibilités restent floues. A l'inverse, certaines organisations dont ATTAC ou les réseaux IRIS et VECAM sont parfois demandeurs ou porteurs de vastes déclarations sur le droit à l'information (équivalent d'un droit au logement .... ) qui sont sûrement excessives. Dans tous les cas, la construction d'une industrie culturelle locale en tous lieux est aussi un leurre. Par exemple, la production culturelle cinématographique ne peut être concentrée que dans quelques lieux du monde. Les lieux historiques sont donc les premiers servis (Hollywood, Inde, Taiwan). L’Europe présente l’inconvénient de promouvoir trop de lieux en concurrence (Potsdam, Dresde, Paris, Nice, Rome, etc… ). Le siphonnage des talents, qui en est une des conséquences, les acteurs rejoignent les grands lieux, dû à un phénomène d’attractivité forte de ceux-ci. Les experts nomment ces sites « points focaux technologiques ».
4.1.5.
Le cas particulier du niveau universitaire
Les TIC sont un facteur de progrès comme de crise dans le milieu universitaire.
La spécificité du milieu
universitaire.
Dès que l'on touche au niveau universitaire, on se heurte aux grands
groupes anglo‑saxons, aux universités américaines (cours en ligne des
prix Nobel du MIT) ou néerlandaises. Certains experts pensent qu'elles
amortissent leur produit sur des marchés mondiaux mais en réalité elles
envahissent le marché par une présence principalement médiatique. Il
conviendrait de faciliter la médiatisation des connaissances des autres acteurs
tant européens que des pays en voie de développement. Les outils audiovisuels
cités précédemment pourraient devenir d'excellents supports.
Les bases de savoir
La fourniture d'un socle de contenus, ou base de savoir peut vite
s'avérer un outil d'exclusion ou de limite d'accès à d'autres cultures. Citons
le projet européen « celebrate », qui cherche à fournir des contenus atomisés
de façon à ce que le professeur pioche ce dont il a besoin. Citons aussi
l'espace d'accès à des services dits fondamentaux, un socle accessible, dans un
premier temps, à 1500 établissements en France, puis généralisé à l'ensemble
des établissements français. Ces initiatives sont tout à la fois intéressantes
et un leurre. Quand on accède gratuitement à celles-ci, on se ferme du reste du
monde souvent sous la contrainte budgétaire.
Les nouveaux diplômes et en.
particulier les licences professionnelles, les diplômes d'ingénieur et de
management.
La coopération entre les établissements d'enseignement supérieur et les
universités est nécessaire. La mise en place de ces coopérations bouscule les
structures disciplinaires. Les Industriels demandent de faire preuve d’audace
dans les disciplines et de ne pas se focaliser sur
les disciplines traditionnelles. Ils regrettent, Par ailleurs, que les
nouvelles technologies ne soient pas diffusées dans les licences
professionnelles ni dans l'enseignement supérieur, à l’exception des
institutions centrées sur ces technologies tel que le Groupe des Ecoles des
Télécornrnunications (GET) et quelques exemples comme I’école Supérieure de
Commerce de Grenoble. Le domaine médical, envahi par les technologies de
télécommunications, ne dispose quasiment d'aucun enseignement dans ce domaine.
Les campus numériques
Le rôle des campus numériques, c'est le développement de contenus qui
répondent au marché, celui de l'éducation, et qui ne seraient pas réalisés par
les voles de l'économie habituelle. C’est pour cela que les différents pays
européens ont fait des appels à projets; pour des campus numériques et les ont
financés par de l'argent public. Donnons comme exemple l'Université Médicale
Virtuelle Francophone ou le campus des universités scientifiques. La difficulté
des campus numériques repose sur leur construction. Celle-ci peut être
laborieuse ou apparaître comme un ramassis et un fatras de traductions
numériques de contenus traditionnels donc papier. Dans ce domaine, l'enjeu est
de disposer de différentes plates-formes, en concurrence, mais normalisées,
soit au niveau mondial, soit dans de grandes zones continentales.
L'université de Limoge s a misé sur la création d'une Université virtuelle
pour former des apprenants à distance. Le recours à ces techniques de formation
cherche à répondre à l'enclavement de la ville de Limoges pour attirer des
étudiants et se veut une réponse au manque de formations aux métiers de
l’Internet. L’approche pédagogique retenue est une organisation en
« communautés virtuelles d’apprenants’ qui permettent aux étudiants de se
former en situation réelle de conduite de projet en ligne.
4.1.6.
Quels ont les obstacles ?
Lister les obstacles est aussi une tâche difficile. Il est trop facile de critiquer telle ou telle partie de la société quand on appartient à l'autre partie. Clairement, il faut disposer des équipements, c'est un préalable. Après, il faut lutter contre le handicap de connaissance, les formes d'exclusion, le handicap psychique. La composante à intégrer est l'infrastructure, faire en sorte qu'un maximum d'utilisateurs accède, dans des conditions économiques satisfaisantes. Il faut rapidement renforcer l'équipement, et avoir des contenus utiles. L'exemple de Besançon est éloquent à cet égard. Ainsi, il s'agit de passer d'une logique pure d'acquisition de connaissances à une participation à la société de l'information via une situation éducative.
4.1.7. Le rôle des travailleurs
sociaux
Le schéma national des formations demande aux formateurs de travailleurs sociaux de favoriser le recours aux nouvelles technologies de l'information et de la communication. Les trois objectifs sont d'éviter la fracture sociale, de réduire les inégalités, d'avoir une distance critique face à l'usage de ces technologies. Ainsi, les instituts régionaux de formation de travailleurs sociaux se sont saisis de cette action dans des formations qui sont toutes en alternance. Ils réfléchissent à des autoformations qui permettent de se former sur les lieux de stage.
Il s'agit de ne plus parler de sorcier, ni de rêve. Il faut qu'il y ait
un usage courant de l'outil pour en avoir un usage courant auprès de leur
public défavorisé. La stratégie est en cascade, l'expérimentation permet de
réduire les distances entre les acteurs de la formation, d'où un travers de ces
usages vers les publics socialement aidés. Il y a ainsi transfert de
compétence. Le contenu du programme concerne les formations aux logiciels, une
formation aux outils de communication, une formation aux outils de recherche
documentaire.
L'enjeu est de définir un continuum de formation. Pour cela il a été
créé un lien permanent de réflexion, complément de lien par rapport au
présentiel dans l'école. Des partenariats ont été mis en place avec la DRASS et avec les établissements sociaux. Cela
intègre donc les tuteurs. L’étudiant se situe dans quatre lieux. le domicile,
l'école, l'établissement social, le stage hors employeur. L’idée est de gérer
l'interface entre ces différents lieux et utilisateurs. Une liste de documents
a été réalisée. Une plate‑forme a été mise à disposition pour le
réaliser, où l'idée est de mutualiser les ressources.
Les nouveaux utilisateurs sont émerveillés par ce qui se fait avec
l'informatique. La logique de déliaison sociale est mise à mal. En revanche,
l'expérience de Besançon révèle que l'accès au droit de santé est à organiser,
l'accès à la santé est autre, il est plus complexe. Ainsi, il faut que les
exclus voient l'intérêt de prendre en compte sa santé avant de se poser la
question de comment prendre en compte l'exercice de ces droits.
La magie de l'échange numérisé est la création de lien social sur du
sens, ce qui revient donc à repousser le plus loin possible le Processus
d'exclusion. Dans le réseau des espaces public, 40% des utilisateurs ont au
plus 45 ans. Les jeunes viennent dans le libre accès avec un usage autonome. A
Besançon, on constate que ce sont les jeunes qui accèdent à l'EPN (Espace
Public Numérique), ce sont ceux qui ont le plus d'informatique chez eux.
[Image]
De nombreux
salons naissent partout dans le monde,
ici dans l’Ile de la Réunion
4.2.
Le travail essaie de se situer entre vie professionnelle et vie le privée
A côté des illusions commerciales et économiques de 2000, l'explosion de la bulle Internet a fait redescendre tout le monde sur Terre. On pensait en effet avoir beaucoup demandé mais ce n'était qu'illusion. Il faut maintenant faire attention aux illusions culturelles et sociales.
L'accès à l'information par tous et pour tous, en tout lieu et à tout
moment, rend la frontière entre vie privée et vie professionnelle plus floue.
L'enjeu est de pouvoir maîtriser et canaliser ce phénomène.
Faut-il « éduquer » les chefs d'entreprise ou l'employé doit-il
lui-même « se faire violence » en éteignant ses appareils mobiles et
informatiques au moment ou il est en droit de le faire. La question des
nouveaux rapports sociaux et au travail est en marche.
Internet et les nouvelles technologies ne sont pas utilisables par
tous. Yves Lasfargues en fait une évaluation statistique. Si l'administration
semble impactée dans son ensemble, 25% de la population manque à l'appel et
n'aura jamais besoin de ces technologies dans le travail. Pire, il faut bien
être conscient que 30% des gens ne savent pas, et ne sauront jamais se servir
de ces nouvelles technologies.
4.2.1.
Les douze évolutions du travail
Yves Lasfargues
décèle douze évolutions du travail comme enjeux culturels et sociaux de la
société de l'information.
Les grandes
évolutions du travail qu'il nous faut apprendre à gérer dans la société de
l'information ‑ 12 tendances dans l'évolution du travail et des
métiers
ABSTRACTION
INTERACTIVITÉ
ABONDANCE
CHRONOPHAGIE
LOGIQUE CONTRACTUELLE
QUALITÉ TENDUE
VULNÉRABILITÉ
RESEAUX ET EQUIPE VIRTUELLE
NOMADISME
TRANSPARENCE
POLYVALENCE
CYBER HIERARCHIE
L'auteur explique cette évolution. Vers un travail de plus en plus ABSTRAIT: le travail s’effectue sur la représentation de la réalité apparaissant sur l'écran informatique et non plus sur la réalité. Vers un travail de plus en plus INTERACTIF: le travail consiste en un « dialogue » homme /machine pendant une grande partie de la journée (40% des utilisateurs de micro ordinateurs restent plus de 4 heures par jour devant un écran). Vers un travail exigeant une gestion de l'ABONDANCE de plus en plus complexe. Nous savons tout numériser vite et au moindre coût, et le nombre de données numérisées mises à notre disposition augmente chaque jour : plusieurs centaines millions de pages sont déjà accessibles sur Internet, et ce nombre croit régulièrement. Il faut donc gérer cette abondance de données, pouvant aller jusqu'à la saturation.
Vers un travail exigeant une GESTION DU TEMPS de plus en plus délicate,
car les innovations technologiques sont de
plus en plus chronophages. Plus les technologies vont vite, plus nous
avons, l'impression de manquer de temps. Vers un travail en LOGIQUE
CONTRACTUELLE. Les entreprises de certains pays fonctionnant depuis longtemps
selon la « logique contractuelle » (USA, pays anglo-saxons, pays
d’Europe du Nord, ... ): bien travailler, c'est respecter, à la lettre, le
contrat passé. par exemple entre le chef et le collaborateur. Dans las pays «à
logique de l'honneur » (pays latins, dont la France), bien travailler
c'est essayer de comprendre l'esprit du contrat et « faire différemment,
mais mieux ».
Vers un travail en QUALITÉ « TENDUE » : il faut gérer
l'ensemble « flux tendu + qualité totale + flexibilité ». Vers un
travail sur des systèmes de plus en plus VULNÉRABLES: du fait de leur
complexité les outils technologiques sont de plus en plus fragiles, d'où la
nécessité de savoir gérer les nombreux aléas (pannes, intrusions, virus,
attaques frauduleuses, ... ). La gestion de la panne sera l'une des activités les
plus importantes de la société de l'information. Vers un travail en RESEAUX:
les T.I.C. permettent de multiplier les communications transversales qui
viennent compléter ou perturber les traditionnelles communications verticales.
Vers un travail exigeant une GESTION DE L'ESPACE de plus en plus
délicate: se développent le travail en équipe virtuelle, le télétravail mixte
nomade, le commerce électronique à distance. Vers un travail exigeant la
gestion de la TRANSPARENCE car toute activité effectuée sur un réseau
électronique peut être enregistrée à distance. Vers un travail exigeant de plus
en plus de POLYVALENCE, en particulier avec le développement des rapports
commerciaux avec le client. Vers une CYBER HIERARCHIE, car le rôle des cadres
est remis en question.
4.2.2. Des cyber-rapports sociaux
à la mesure du travail dans la société de l'information.
Pour Yves Lasfargues, les douze évolutions du travail sont ressenties de manière très contradictoire selon les individus. Pour beaucoup de personnes elles sont sources de plaisir et sont jugées comme étant positives, qualifiantes et valorisantes. Pour d'autres elles sont sources d'exclusion. Force est de constater que nous ne connaissons encore que peu de choses sur les effets réels à long terme de ces évolutions, qui doivent encore être étudiées par les chercheurs, car les études sont encore trop peu nombreuses sur la généralisation de ces évolutions déjà présentes ponctuellement. Mais l'analyse détaillée de ces évolutions a mis en lumière les différences essentielles entre le travail dans la société de l'Information et le travail dans la société industrielle.
Dans la société industrielle.
Le travail, c'est d'abord de la fatigue physique. Toute réflexion sur
les conditions de travail est dominée par la notion de fatigue physique, et la
plupart des efforts pour améliorer les conditions de travail portent sur des
facteurs physiques. On cherche à diminuer le temps de travail (car on estime
que la fatigue physique est proportionnelle au temps de travail), on cherche à
améliorer l'environnement physique (chaleur, bruits, poussières, ... ), on
cherche à améliorer la sécurité physique (réduire les accidents du travail), on
cherche à supprimer les travaux pénibles (mécanisation, automatisation).
Dans la société de l'information.
Le travail, c'est encore de la fatigue physique, mais c'est aussi
beaucoup de fatigue mentale, de stress et aussi de plaisir. Ces trois
dimensions n'étaient pas absentes des travaux de la société industrielle car
comme le disent les ergonomes. Nil n'existe pas de travaux manuels, il n'existe
que des travaux induisant à la fois des charges physiques et des charges
mentales". Mais charge mentale, stress et plaisir occupent aujourd'hui,
dans les enquêtes sur les conditions de travail chez les salariés, une place
qu'ils n'avaient pas auparavant.
Deux nouveaux indicateurs doivent être construits selon Yves Lasfargues
pour compléter l'indicateur traditionnel de mesure de la pénibilité qu'est le
temps contractuel de travail. Il faudra être LUCIDE sur le niveau de deux
nouveaux indicateurs car tous les effets du travail ne sont pas proportionnels
au temps :
4.2.3. Un cadre juridique à
réviser
Il faut exposer le cadre juridique et montrer que le lien entre vie
privée et professionnelle est étroit. Les frontières limites sont beaucoup plus
diffuses et différentes dans le domaine informatique.
En matière de TIC le droit doit continuer de s'appliquer. Les délits
informatiques, comme le piratage, l'usurpation d'identité ou l'altération de
données, l'utilisation de copie illicite de logiciel sont répréhensibles par la
loi. Et la tentative suffit au délit. Les copies illicites de logiciels sont
des contrefaçons au titre des droits d'auteur. Les sanctions sont lourdes (2 ou
3 mois de prison, et en plus des dommages et intérêts pour la partie civile).
Mais au sein d'une entreprise qui est responsable ? L'employeur ou
l'utilisateur ? En France, on va vers plus de répression pour aller vers des
sanctions plus fortes. Un premier procès d'un salarié a eu lieu au Mans
(Sarthe). La notion de délit est en extension. Par exemple, la diffusion de
virus est punie par la loi. Les augmentations d'infractions ont conduit à un
comportement plus répréhensif de la part des autorités.
En la matière, seules les jurisprudences récentes peuvent nous
renseigner. Le domaine de la sphère privée dans l'entreprise, sur le lieu de
travail est bien présent. Même si l'employeur fournit le matériel informatique,
l’utilisateur, c’est à dire l’employé, a le droit à la vie privée. Par exemple
l’envoi de courrier électronique de personne à personne fait partie du domaine
privé, même au sein d’une entreprise. Ce secret des correspondances est soumis
à la loi du 10/07/91. L’interception de courrier électronique est donc
réprimée. Si l'on veut espionner les messages échangés par un des ses employés,
on doit au préalable l'en informer. Il faut en effet avertir son employé que sa
boite mail a été mise sous surveillance. C'est le droit à l'information du
salarié. Il est important de noter que si un employé utilise son ordinateur
pour ses besoins à des fins illégales, son employeur ne peut pas le lui
reprocher s'il ne l'a pas averti qu'i 1 n'en avait pas le droit au préalable.
Exemple de jurisprudence : les
factures de téléphone (Montpellier, 06106101)
Un employé utilisait son poste téléphonique au travail à des fins
personnelles. Son employé en a apporté la preuve à l'aide des factures
détaillées. Cette preuve fut jugée illicite dans la mesure où l'employé n'avait
pas été prévenu qu'il était sous surveillance.
Il est à noter que l'utilisation à titre personnel d'un ordinateur de
l'entreprise ne peut se faire qu'à condition que cela n'empiète pas sur la vie
professionnelle. Le contrôle est possible mais il ne doit pas se faire à l'insu
de la personne et la pertinence du moyen de contrôle doit être justifié.
Il est important de noter que la France est encore en évolution
permanente en matière de droit des TIC.
4.2.4. Des professions au cœur de
l'information.
Les journalistes, les bibliothécaires sont des professions qui sont au
cœur de l'information. Le méfier de bibliothécaire est l'une des professions
les plus impactées par les technologies de l'information et de la
communication. L’ADBS (Association des professionnels de l'information et de la
documentation), a réalisé un texte montrant le rôle fondamental joué par les
professionnels de l'information‑documentation dans le développement
harmonieux de cette société. Au sein de sept grands domaines d’activité, il met
en lumière leur savoir-faire et propose un certain nombre d’actions à mener qui
consiste à favorise l’accès à l’information pertinente, contribuer à une
conservation réfléchie de l'information, former au management de l'information.
Une tâche plus technique consiste à assurer l'interopérabilité des systèmes
d'information. Enfin, l'ADBS désire défendre les droits des utilisateurs et agir
en partenariat.
[Image]
Un autre
exemple de cabine publique dans le monde, ici au Japon.
4.3.
Le mariage heureux ou conflictuel de la culture et des médias électroniques.
L’apparition des médias électronique oblige de repenser les relations des hommes et des femmes avec les arts et la culture.
4.3.1.
Les arts numériques.
La numérisation du patrimoine présente l'avantage de rendre les oeuvres
visibles et donc inaltérables dans le temps, mais aussi présente le risque
d'une privatisation de la culture.
La numérisation du patrimoine est un p oint important qui est à
poursuivre. Il faut entraîner dans cette évolution tous les pays du monde.
Toutes les formes de Patrimoine devraient être prises en compte. Notons à cet
égard que les grandes firmes se sont cassé les dents sur ce sujet. C'est en
particulier le cas de Microsoft, dont le patron s'était engagé dans cette voie
en souhaitant numériser l’œuvre intégrale de Léonard de Vinci. Il avait fait
l'objet de critiques de la part des associations antimondialisation. La
société s'est retirée du fait des coûts excessifs d'un tel projet. La France
dispose d'une grande expérience dans ce domaine avec la numérisation du musée
du Louvre et la création du pôle numérique d'Avignon. Celle-ci pourrait donc
être mise à disposition des autres pays.
MUSENOR : site Internet et base de données régionale des 33 musées de la région Nord‑Pas de Calais.
MUSENOR constitue une base de données régionale des collections des 33
musées publics de la région Nord‑Pas de Calais. Un site Internet a été
ouvert pour permettre l'accès à cette base. Il constitue le premier serveur de
ce type réalisé en France au niveau régional. Le porteur de projet est
l'Association des conservateurs des musées du Nord‑Pas‑de‑Calais.
4.3.2.
Faire vivre les artistes dans ce monde du numérique..
Les artistes ont besoin d'être proches de l'espace commun, c'est ce qui
explique la recherche d'un financement solidaire.
La demande artistique est en danger selon de nombreux artistes. Cela
serait dû à la structure du marché qui conduit à un exercice des plus précaires
qui s'apparente à la survie. Cet exercice est fondé sur un couple lié entre la
cotisation et la prestation. Le nombre de jour de cotisation ouvre droit à des
prestations. La cotisation donne des droits qui mettent en avant la valeur
d'usage des biens associés à la production artistique, comme le disque, le
livre…
Une idée, qui était débattue à Uzeste (Gironde) à la fin du mois d'août
2003, serait de créer des mutuelles de public. Il s'agirait de faire un acte
social, qui consisterait à introduire une nouvelle solidarité. Elle devrait
permettre de placer des artistes sur des échelles. Les mutuelles devraient
laisser de la liberté aux artistes. Il s'agit de constituer un rapport entre
l'artiste et les personnes concernées qui soit plus large que le fan club.
L'apport du système mutuel ou coopératif serait important et éviterait la
stigmatisation d'un processus social fondé sur la pauvreté, où le social agit
par des bons de repas et des réductions sur les services, régime auquel sont
confrontés de nombreux artistes.
L'autre idée serait de créer des « spect‑acteurs », c'est à dire des personnes qui agissent et réagissent face à la production artistique. Cela imposerait d'obtenir une certaine dilution de cette économie de marché. Les artistes assureraient ainsi leur re‑insertion depuis leur rôle d'inadapté de la société. Pour cela, il faut aussi que les individus face à la production acceptent de parier avec les artistes dans le processus de production artistique, et pas seulement, comme récepteurs des formes culturelles.
4.3.3. L'informatisation des
médiathèques et des bibliothèques.
La bibliothèque francophone multimédia de Limoges est un exemple de
l’informatisation de l'accès à la culture. Confronté à l’obsolescence de ses
services de documentation municipaux et profitant de l'opportunité d'une
opération nationale intitulée « Bibliothèques Municipales à Vocation
Régionale » (BMVR), la ville de Limoges a décidé de se lancer dans un
projet de modernisation des locaux et des services proposés par sa Bibliothèque
Municipale (BM) dans le territoire de Limoges et du Limousin. Les services
proposés sont tous non‑marchands, à l'exception des frais de port
payables en ligne dans le cas des prêts de livres à l'international (NB : ce
paiement des frais de port a été validé par une dérogation du ministère des
Finances). Un recours important au multimédia pour la bibliothèque a été voulu,
faisant de la BM de Limoges une structure reconnue nationalement et internationalement
sur certains aspects liés aux TIC (paiement en ligne des frais d'expédition à
l'étranger des ouvrages ... ).
4.3.4.
Médias, nouveaux médias.
La presse serait depuis 1791, un quatrième pouvoir ou un contre‑pouvoir.
Le pouvoir de l'information renverrait à une éthique de la presse. Il faut
déterminer la valeur de l'information, de son intérêt démocratique. Le
libéralisme devrait faire que la valeur essentielle corresponde à la valeur
marchande. Le risque est de faire des informations qui ont une valeur
commerciale, et donc parfois, sans valeur réelle (par exemple une personne
connue en maillot de bains). Il y a des modèles de média, qui émergent. Par
exemple, la dépêche est un modèle. C'est sur ce modèle qu'est construit France
Info.
Trois débats pourraient être
lancés sur ce sujet.
Le premier consiste à chercher, et à distinguer un « service
public de l'information » doté de règles et de lois protégeant
l'indépendance des journalistes, de deux extrêmes, celui d'un service de
propagande gouvernementale, et celui des services d'information totalement
privée.
La deuxième question, qui sera traitée dans un autre chapitre veut
savoir comment limiter le contrôle des médias par des groupes économiques ayant
des Intérêts dans toute la chaîne de production et de consommation, et qui de
surcroît possèdent les entreprises qui font de la publicité sur ces médias
concentrés, induisant par cela même un type de discours formaté.
Le troisième point consiste à développer les médias associatifs, locaux
ou communautaires qui se fixent comme objectif de servir exclusivement les
populations qu'ils touchent.
Le fait de s'intéresser aux usages des technologies ou plutôt des
relations « sciences, technologie et société » est une source de questionnement
dans le cas des télévisions locales et de quartier. Il y a deux ou trois ans,
la question des technologies tenait le devant de la scène. La numérisation, la
télévision sur ADSL, sur wifi, le DAB (Digital Audio Broadcasting), le DVB
(Digital Video Broadcasting), la TNT (Télévision Numérique Terrestre) étaient
plus des mots que des réalités. Aujourd'hui, la convergence des technologies de
communication et la numérisation sont non seulement en marche, mais existent. De
plus, des formes d'obsolescence technologique existent. A l'heure où le devenir
de la TNT est contesté, où les télévisions sur le Web ont disparu, la notion de
télévision locale relance le débat. Les systèmes WiFi, le Web, l'ADSL sont des
moyens de diffusion modernes qui se placent comme des alternatives beaucoup
moins coûteuses, et sûrement pas concurrentes, à la diffusion hertzienne, le
câble et le satellite.
Des aspects politiques sont
clairement en retard sur leur calendrier.
Le paquet de directives sur les technologies de l'information, traduit
en français par « paquet telecom » touche l'audiovisuel. Il aurait du être mis
en conformité dans le droit français fin juillet 2003. Ces directives font la
promotion des technologies de télécommunication et d'audiovisuel. Ces
directives entérinent la convergence des technologies. Ainsi, la loi aurait dû
être transcrite dans de nombreux droits nationaux, y compris en France. Mais
dans ce domaine, les vieux démons renaissent. Le régulateur unique souhaité met
en cause l'avenir de l'ART (Autorité de Régulation des Télécommunications) et
du CSA (Conseil Supérieur de l’Audiovisuel). Les deux présidents préfèrent conserver leurs
organismes respectifs. Devant la difficulté de faire voter les lois, le
gouvernement introduit des mesures dans d'autres lois, on parie même
d'ordonnance, de décrets par exemple pour l'ouverture de la publicité aux
secteurs interdits en 2004. L’introduction dans d'autres lois, comme par
exemple le plan câble dans la loi sur la privatisation de France Telecom est
plutôt considérée comme une approche sournoise, afin d'éviter ceux qui auraient
mené des actions de lobbying ou de combat politique. Le retard dans ce domaine
est certain.
Les acteurs locaux des télévisions ont vécu difficilement les annonces
politiques aussi bien à l'ONU, puis à VUIT (UITR), maintenant le Sommet
Mondial pour la Société de l'information, le sommet des régulateurs, et sur le
plan français les CISI, CIADT, le plan RE/SO 2007. A cela s'ajoutent les débats
de l'OMC, et en particulier le futur AMI et l'AGCS (Accord général sur le
commerce des services). A cela s'ajoute des meetings comme le Forum Social
Européen. Les modes de régulations politiques ne peuvent être l'essentiel du
propos.
Des idées reçues permettent de repousser le développement des médias
locaux
L'expérimentation salvatrice.
La première de ces idées reçues consiste à insister sur le fait qu'il
faut expérimenter, cette nécessité n'est pas réelle au moment où les
technologies sont assurément matures. De plus, les juristes de tout crin sont
allés dans le même sens, d'où l'idée des licences « lex », des fréquences
expérimentales. Par ce qu'elles sont expérimentales, il faut donc qu'elles
soient limitées dans le temps. Alors, on génère l'idée qu'il faut faire,"
ses preuves. Cela devient un gag digne de Coluche, il faut montrer que
l'expérience nécessairement limitée dans le temps est pérenne.
De plus, il faut montrer son professionnalisme. C'est beaucoup mieux
car avant, il fallait montrer son argent. Ouf, on a abandonné les systèmes
censitaires, mais immédiatement d'autres contraintes, plus ou moins bloquantes
sont nées. L’idée consiste à affirmer qu'il faut tester la
technologie. Les décisions liées aux contraintes de contrôle (pas d’émission
pendant les campagnes électorales) sont restrictives. Les projets ne peuvent rester enfermés dans une logique associative, et
en même temps, demander aux acteurs de faire leurs preuves avant de devenir
professionnel.
Une autre idée reçue concerne le contenu : proximité, réalité, vérité
... Il va falloir débattre sur ces mots. L'idée que la « télé » réalité serait
une fausse télé renvoie à la question: Qu'est ce que la télé vraie ? Ne tombe‑t‑on
pas alors dans le piège du mythe de la télé vérité. « Je l'ai vu à la télé,
donc c'est vrai ». Dans‑ la réalité, les journalistes ne peuvent le plus
souvent restituer que ce qu'on leur donne. Ainsi, dans le local : la presse
papier est considérée comme celle de la description des chiens écrasés.
L'importance de la communication, plus que le débat dans la vie politique,
cherche un renouvellement de la notion de proximité. Dans la mondialisation,
une télévision locale, c'est voir ce qui se passe dans le Champsaur par des
membres qui ont immigré en Argentine. Cette mondialisation localisée est loin
de la « régionalisation » voulue par Bruxelles, et le gouvernement français.
Le business model, l'équilibre économique d'une télévision locale n'est
lié qu'à la question des moyens. Ces télévisions locales doivent montrer la
rentabilité des projets, ce qui n'a pas de sens. A cela, s'ajoute l'idéologie
que la technologie coûte cher, qu'il n'y a que des ressources rares (les
fréquences). Enfin, on entretient l'idée que seul l'Etat, puis les
collectivités locales peuvent faire. C'est faux : ce sont des choix politiques
: deux ronds points ou un réseau câblé, une voiture de fonction pour l'adjoint
au maire ou un émetteur de télévision numérique. L'appel à projet technologies
alternatives et collectivités locales et usages du MNRT peut être l'occasion,
sous couvert d'expérience, de développer les premiers réseaux. La logique du
fond de soutien peut être vue comme une « subvention contre quoi », on dispose
de la subvention si on respecte des règles. D'autres solutions existent, citons
pêle‑mêle la liaison avec la presse locale, les mutuelles de clients. La
rentabilité n'a pas d'importance pour une télévision, l'efficacité en a
sûrement.
Quatre volontés d'acteur.
Bien qu'ils s'en défendent, les politiques ont toujours la velléité de
contrôler le contenu. Mais, contrôler le contenu passe par le contrôle de la
technologie. C’est pour cela que le CSA souhaite se contenter de quelques modes
de diffusion. Parfois, les décisions se transforment en mesure individuelle.
Les grandes télévisions et les grands médias se heurtent à deux
problèmes : leur vision concurrentielle, où les télévisions se confrontent à la
presse papier locale et aux journaux gratuits de publicité, leur vision
compétence où la question est : « Ne serais‑je pas dépassé ? »
Les citoyens, ne voient pas nécessairement l'intérêt d'être formés, et
informés par la télévision, qui est plutôt un outil somnifère. Les télévisions
locales doivent se poser la question du contenu qu'ils doivent proposer. « participer, c'est le mot clé ». Le rôle
des associations doit dépasser le jeu d'une société civile qui se heurte au
politique. La coordination des infirmières, le groupe « ni putes ni soumises » désire communiquer
par l'image et ne dispose que des grandes chaînes qui ne leur laissent que
quelques minutes.
Les fournisseurs de technologies ne savent pas s'adapter. Les émetteurs
et les réseaux d'accès fournis par les grands constructeurs sont coûteux. Nos
champions nationaux, Thomson, Alcatel ne savent pas vendre en dehors des
relations d'Etat et de grands groupes. Dans le cas du développement de ce
secteur, le risque est qu'ils soient laminés.
La logique de marchandisation de la société d'information est en route,
on dispose de différents modes d'action : faire du lien social, faire de
l'éducation (populaire), permettre des accès
« simplifiés » à la culture.
Faire du lien social.
La
création de communautés peut aider à ce que les gens se retrouvent. C'est tout
l'intérêt des « télé brouettes ». Les matchs du club de football local sont des
outils communautaires par excellence. Ces communautés intéressent les
marchands, en particulier pour la publicité qui devient ciblée.
Faire de l’éducation (populaire).
Les télévisions éducatives peuvent contribuer à exploiter des fonds
documentaires (comme ce peut être le cas de Tam Image). Il n'existe pas
d'émission spécialisée dans l’éducation en France, excepté l'effort de France 5
dans la cuisine et la géographie. D'autres télévisions peuvent se mettre en
place.
Le CISI du 10 juillet 2003, créant la télévision universitaire sur
Internet est une réponse à la marchandisation de la formation, qui est
représentée par l'exemple de l'université américaine MIT.
Accéder à des cultures et à des
jeux.
Les télévisions locales permettent à la fois d'accéder à des cultures
lointaines comme les savoirs‑faire des voisins. Les jeux sont à la mode
et on peut en imaginer de toutes sortes avec des ressorts locaux. Jeux avec
d'autres, ... jeu contre ou jeu avec ? Jeux d'élimination ? Dans la question de
la marchandisation de la culture, il s'agit alors de faire vivre les acteurs de
la culture. Cette question est importante dans le débat posé par les « intermittents ».
Trois voies.
Dans la question du développement de l'audiovisuel local, d'autres
structures, autres que l'association « loi de 1901 » et la
société privée capitalistique sont possibles. Les télévisions peuvent être
construites par des créations autour des DSQ (développement social de quartier)
ou la création d'emplois.
Les télévisions locales peuvent se placer dans les appels à projet de
solutions alternatives, et les licences expérimentales, mais cela peut se
traduire par des autorisations temporaires. En ce qui concerne les nouveaux
modes de diffusion comme la télévision numérique terrestre, le temps d'équipement
des ménages risque d'être long.
Une autre approche consiste à attendre que les textes évoluent, il
s'agit principalement du code des collectivités locales, du « paquet télécoms ».
Une dernière solution, qui s’apparente plus à une tactique est d’annoncer
des projets géants pour faire réagir les acteurs.
Quelle que soit la solution choisie, ce qui est le plus important, ce
n'est pas le statut mais la ligne éditoriale et l'initiative locale. La
contractualisation entre les porteurs de projets et les collectivités
territoriales doit permettre de définir des engagements pour les télévisions
locales et ainsi justifier l'utilisation de l'argent du service public a autres
choses que des chaînes nationales.
[Image]
Emission de
télévision consacrée à l’éducation à Internet et aux réseaux, ici sur une
chaîne de l’Ile de la Réunion
4.4. Le tourisme.
Les portails de tourisme se multiplient: les tours operators, les
transporteurs aériens, les hôtels directement en ligne, chaînes intégrées et
volontaires, les agences de voyages en ligne ou virtuelles.
Les agences de voyage traditionnelles vont devoir évoluer, car on peut
imaginer s'en passer. Elles peuvent jouer le réseau, tous les réseaux
développent leur site avec tarifs promotions ou accès au stock.
Les indépendants hôteliers et camping atomisés n'auraient aucune chance
s'ils font leur site à part selon Daniel Charavin, directeur du tourisme de la
Corse. Seulement une institution peut véhiculer l'image d'une région, ce qui
est une difficulté supplémentaire, car il faut fédérer les acteurs, ou
mutualiser leur offre.
4.5. Créer une demande qui ne se
fonde pas sur la gratuité.
La gratuité (supposée et entretenue) d'Internet se heurte aujourd'hui
au financement de cette activité, au moment ou une démocratisation de ces
outils est attendue.
Pourquoi faut-ilabord créer la
demande avant de proposer l'offre ?
L'Internet c'est comme un marché de village, il y a d'abord les clients
qui ont besoin de s'approvisionner puis les fournisseurs pour subvenir à leurs
demandes. Pour que le développement et la démocratisation des technologies se
fassent de manière harmonieuse, il convient donc de partir de la demande vers
l'offre.
La démocratisation implique‑t‑elle
la gratuité ?
Le réseau
s'ouvre progressivement à l'univers marchand en 1998. Depuis cette date,
certains cherchent à préserver l'esprit pionnier en préservant la gratuité,
d’autres, plutôt adeptes du commerce veulent y appliquer
les règles et les pratiques habituelles.
L’accès à la culture ne doit pas forcément être gratuit car le savoir
perdrait de sa valeur. L’essentiel est d’organiser un réseau à la demande,
l'offre viendra après mais sans gratuité automatique. Il faut inventer de
nouveaux systèmes de communication pour résoudre les problèmes de la connaissance.
Notre héritage culturel nous pose des problèmes éducatifs, puis de formation,
puis de citoyenneté. Jadis, l'ascenseur social était fort. Un fils d'ouvrier
pouvait devenir cadre supérieur. Aujourd'hui on prend un exclu pour faire un
citoyen. Il faut résoudre les problèmes à l'insertion en partant du niveau le
plus basique pour arriver à un niveau plus élaboré. Quelqu'un de démuni peut
sans problème se payer une connexion à Internet dans une médiathèque. Quand
l'accès est gratuit, l’internaute a de suite le réflexe de faire autre chose
que ce qu'il avait prévu. De plus, les lieux et le matériel où l'accès est
payant, sont plus respectés. L’Internet est un outil. Il faut apprendre aux
gens à s'en servir comme un outil, en favorisant son accès mais aussi son
respect.
Epilogue sur le
thème enseignement, travail, loisirs
Internet et les nouvelles technologies ne sont pas utilisables par
tous. Si l'administration semble impacter dans son ensemble, si l'éducation ne
peut plus se passer de ces nouveaux outils, 25% de la population manque à
l'appel et n’auront jamais besoin de ces technologies dans leur travail. Pis,
il faut bien être conscient que 30% des gens ne savent pas, et ne sauront
jamais se servir de ces nouvelles technologies. Cet analphabétisme nouveau
devra être combattu comme toute forme d'analphabétisme. Il faut aussi être
conscient que certains hommes n'auront jamais Internet comme actuellement
certaines personnes n'ont pas de voiture ou ne disposent pas de télévision.