[Territoires et sociétés de l'information en France]

 

 

Chapitre 5
Des techniques de plus en plus performantes

 

Le constat et l'analyse de la fracture numérique conduisent à définir un objectif prioritaire. Il convient de mettre en place des infrastructures de base afin d'assurer l'accès de tous à l'information à un coût abordable. La fracture numérique est un problème dont on parle depuis longtemps, ce terme est apparu vers 1995. Cette fracture dépasse la fracture traditionnelle Nord/Sud, elle est présente à l'échelle européenne voire régionale ou locale, c'est pourquoi le sujet est d'actualité.

 

Clairement, la recommandation est d'ordre public. La création d'opérateurs de télécommunications innovants est recherchée depuis les discussions, les livres blancs et les directives européennes du début des années 80. Ces nouveaux acteurs permettront de développer des télécommunications dans des zones qui souhaitent, pour des raisons économiques, disposer de ressources en télécommunication que ne peut fournir un opérateur trans‑européen offrant des services généralisés. Il est donc essentiel d'attirer des bailleurs de fonds publics (surtout) et privés pour proposer des modèles économiques nouveaux et centrés sur un développement local. Il faut aussi encourager les initiatives et les expériences locales avant d'envisager de véritables déploiements. L'incitation des pouvoirs publics des pays récepteurs, qui ont cruellement besoin de ces technologies, serait une solution envisageable. Dans ce domaine, nos nations évoluées doivent montrer l'exemple et les exemples français doivent être diffusés, à noter notamment la boucle locale de Castres‑Mazamet et celle de Besançon.

 

La promotion du développement local semble être la préconisation quasi‑unanime.

 

Les acteurs découvrent que les « technologies » ne se décrètent pas, selon Jérôme Rousseau, chef du service Opérateurs de VART. L'usage dépend de l'environnement de la technologie, de l'écosystème. En même temps, le progrès technique conduit à des processus de normalisation et d'interopérabilité qui demandent du temps.

 

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Modem utilisant la technologie de courant porteur en ligne de la société espagnole DS2.

 

 

51‑ Les infrastructures en construction

 

Les infrastructures de haut débit apparaissent. Par conséquent, face aux technologies uniformes, de nouvelles technologies augmentent les possibilités techniques, soit de manière temporaire, soit en s'affirmant comme de vraies technologies substituables.

 

Pour lin accès universel aux télécommunications par des technologies alternatives

 

La croissance des télécommunications ne peut être favorisée que par les technologies alternatives au fil de cuivre. Parmi ces technologies alternatives, citons les exemples du WiFi, du satellite, des liaisons optiques atmosphériques (LOA), des solutions radio de type MDS, et le courant porteur en ligne (CPL). La France a une position ambiguë dans ce domaine. Ces technologies alternatives sont fournies par des entreprises dynamiques basées sur le soi français : Actipole est l’un des

leaders pour les solutions LOA, Sagem, la SA MIDS et Thomson proposent des solutions MDS, Merlin Gerin et LEA des solutions CPL ... L'Etat français a plutôt ralenti le développement de ces solutions alternatives.

 

Backbone et boucle locale

 

Le backbone désigne littéralement l'épine dorsale d'un réseau de télécommunications. Les réseaux backbones des opérateurs sont des artères à très haut débit de transmission. Des,noeuds relient les principaux éléments de ce réseau. Sur ce réseau, sont raccordées des liaisons de plus faible capacité de transmission que l'on désigne par boucle locale. Cette  dernière représente la capillarité du réseau. On distingue les réseaux backbone paneuropéens, métropolitains, nationaux, régionaux ou mondiaux selon la couverture géographique du réseau.

 

 

En envoyant, dans les pays d'accueil, des experts qui participeraient à la formation du personne, local et en recherchant des collaborations avec ces Etats pour les financements, les Pays du Nord pourraient mener des actions d'envergure. Les bas coûts, indispensables aux populations défavorisées pour obtenir un accès quasi universel à l'information et à la communication ne sont pas une utopie et pourraient en effet par ce moyen être atteints. Certains Etats pourraient être des vitrines.

 

L'accès au haut débit passe par le développement des technologies alternatives selon le Ministre Henri Plagnol. Il fait le constat que le recours aux technologies traditionnelles était trop coûteux, d'où la libération du WiFi et la suppression des redevances d'u sage des paraboles satellitaires. Ces deux éléments devraient dynamiser l'offre dans des zones difficiles à  couvrir.

 

Deux mesures sont d'ordre financier. Le gouvernement a décidé l'élargissement des destinataires des fonds de la Caisse des dépôts à tous les acteurs, et non plus seulement aux seules collectivités locales. Nos élus nationaux veulent à la fois encourager les initiatives de recherche et observer les bonnes pratiques. La DATAR a lancé le 31 juillet 2003, un appel à projets des technologies alternatives, doté de 4 millions d'euros sur trois ans. Il s'agit de promouvoir des projets innovants, avec une dimension territoriale forte. Un deuxième appel sera lancé dans les mois à venir.

 

Une idée à ce stade serait de lancer une véritable tournée dans le monde des experts français des technologies de l'information et de la communication. Un savant dosage entre des hommes de l'entreprise et des enseignants du supérieur pourrait aider la promotion de l'industrie française. Ainsi, le tissu économique des PME françaises de ce secteur se verrait « boosté » dans un univers concurrentiel où la maîtrise des coûts passe avant la qualité et la performance des produits.

 



 

 

Scénario vertueux : l'avenir d'Internet passe par une régulation efficace.

 

1982 :Seuls quelques spécialistes parlent des réseaux par paquets. L'idée de la mise en concurrence des opérateurs émerge.

 

1992 : La mise en concurrence des opérateurs est actée. L'objectif de l'introduction de la concurrence dans les télécommunications était de favoriser l'émergence d'une innovation dans les services et les usages, au moment où l'invention technique (et non pas l'innovation) devenait limitée.

 

2002 : La régulation par les coûts a favorisé les solutions techniquement coûteuses, utilisées par les opérateurs historiques, car génératrices de marges, nécessaires du fait que l'on privatisait le secteur en parallèle (citons comme exemple VADSL). Pour permettre une solution à la crise, il  convient de favoriser les petits acteurs (innovants) ayant des niveaux de coûts (et de taille) plus faibles, avec des licences adaptées, et de réguler sans tenir compte des technologies, de favoriser celles qui sont peu coûteuses au détriment du maintien, coûte que coûte, d'approches obsolètes et condamnées à terme (Dynamiser l'utilisation des solutions alternatives comme WiFi, par exemple).

 

Décembre 2003: Sommet mondial, session de Genève.

 

Novembre 2005: Sommet Mondial, session de Tunis.

 

20&2 : Les résultats du Sommet sont au rendez‑vous. Les technologies alternatives se développent. La France, dans une Europe élargie, montre ses résultats à l'extérieur. Les autres pays utilisent peu à peu les technologies et se calquent sur les exemples français. Une nouvelle régulation mondiale se met en place.

 

2022 : La régulation a réussi. Internet est devenu un moyen de communication universel (global) et généralisé.

 

Ce scénario avait été écrit par Bruno Salgues à Bruxelles en 1982, seule les dates du sommet ont été rajoutées.

 

5.1.1. A la recherche du haut débit

 

Le développement de réseaux haut débit représenterait, au même titre que les infrastructures ferroviaires et routières, une priorité dans l'aménagement du territoire. Cette vision est trop restrictive. Le gouvernement incite les collectivités à devenir opérateurs télécoms, s'il y a insuffisance d'initiatives privées, même si au même moment les outils juridiques ne sont pas présents. Reste à résoudre le problème de la prise en charge des coûts de construction. Les opérateurs ont‑ils les moyens de financer ce développement ou faut‑il confier cette mission aux collectivités territoriales ?

 

 

Pour les entreprises, les besoins sont là. L'entreprise en réseau est une entreprise étendue. Les architectures des réseaux sont en train d'évoluer et le dégroupage devient une solution nécessaire. Une offre qui ne serait localisée qu'en certains lieux, comme la Défense, ne peut conduire qu'à desservir les entreprises françaises. Des réseaux uniformes et localisés sont nécessaires. Faut‑il faire remarquer qu'il y a très peu de lieux où plus de deux concurrents sont présents ? Les particuliers ont aussi des besoins et cette industrie est assurément internationale.

 

 

5.1.1.1. Un bilan plutôt peu réjouissant

 

L'observation des statistiques françaises dans le domaine du haut débit conduit à un bilan contrasté, qui ne se caractérise pas encore par son excellence.

 

Selon Gérard Hardy, du cabinet Tactis, 78% de la population se trouve sur une commune ayant l'ADSL. Mais cela représente seulement 26% du territoire. De plus, 78% du territoire n'est pas couvert par un opérateur qui puisse fournir à cette population du haut débit. Le réseau des opérateurs alternatifs est peu développé. Le haut débit est donc loin d'être une réalité en France. Il faut développer maintenant des plates­-formes de services.

 

Les acteurs concurrentiels veulent accéder à la boucle locale existante...

 

Richard Lalande, représentant les opérateurs alternatifs, demande à ce que les opérateurs aient accès au bien national de France Telecom pour bénéficier du haut débit par le dégroupage. Les opérateurs s'épuisent dans de multiples combats. Le client final doit disposer d'un maximum de choix. France Telecom doit gérer son réseau d'accès comme les autres. Les opérateurs alternatifs ne désirent pas la mort de France Telecom, mais souhaitent qu'on définisse des règles claires de relation avec ses concurrents.

 

Jean‑Michel Soulier, qui représente les fournisseurs d'accès à Internet (AFA), affirme que le dégroupage actuel n'a pas d'impact sur le marché Internet. Il propose de partir de la demande des consommateurs, et souhaite que les fournisseurs disposent de tarifs corrects de collecte et d'interconnexion.

 

La boucle locale était bien, avec le haut-débit, le sujet,  mais il faut penser plus loin. Les ambitions des acteurs du marché semblent limitées, pour ne pas dire réduites au minimum.

 

 

La Corse est plus câblée que la moyenne des régions françaises

 

            Si 27% des foyers en France sont connectés, ce chiffre atteint 31% en Corse. Parmi eux, 29% utilisent le haut débit dans l'ensemble de la France et 36% en Corse. Plus de 70% de la population de Corse dispose de l'accès à l'ADSL de France Telecom. A Bastia, le câble possède 13000 abonnés, donc deux bastiais sur trois raccordés au câble, des  performances de la taille de l'Amérique du nord. Fin 2003, la Corse est l'une des zones à disposer du plus grand nombre de hotspot. On observe une forte appétence des corses pour ces technologies : 1124 télédéclarations en Corse, un record compte tenu du nombre de foyers. La Corse a un taux de consultation des pages entreprises du Ministère de l'économie, des finances et de I’industrie quatre rois supérieur à la moyenne nationale.

 

 

 

Le câble est une chance peu utilisable...

 

Le « plan câble » lancé en 1982, et plusieurs fois remanié a façonné la France numérique. Le bilan du célèbre réseau de Biarritz, aujourd'hui démonté, n'est pas mis en avant. En revanche, le département du Rhône, sous l'impulsion du sénateur Tregouet a su profiter de son réseau câblé.

 

Le câble en quelques chiffres

 

Fin 2003, la France peut compter 9 millions de foyers dans des zones câblées, soit 40% de la population et 1800 communes sur 36000. Quatre grands opérateurs se partagent le marché: NumériCable, Noos, UPC, France Telecom Cable.

 

Numéricable

 

Numéricable, filiale de Canal Plus, dispose de 2300000 prises raccordées, 850000 abonnés, dont 75000 avec l'offre Internet fin 2003. Numéricable est présent dans 30 sites et dessert 200 communes. Environ 75% des foyers présents dans le réseau ont accès à Internet.

 

Noos

 

Patrick Leleu de Noos rappelle que la boucle locale « câble » a une grande capacité. Pour le réseau du SIPPEREC, un point de présence est prévu tous les 500 mètres sur la boucle locale. Le taux de pénétration du câble est de 35% apparent et 25% utile. Un client de Noos verse 29 euros par mois. Les 2500 clients de Chambéry et Annecy ont le téléphone ; les réseaux neufs font facilement du téléphone, les vieux réseaux doivent subir une cure de jeunesse, impliquant des investissements énormes. Malgré les incertitudes qui pèsent sur l'un de ses actionnaires (NTL, donc France Telecom), Noos serait, selon son dirigeant, une entreprise qui avance.

 

 

UPC France1

A UPC France, Philippe Besnier rappelle que rien n'a été fait pour développer ce type de réseau. La négociation des infrastructures avec France Telecom est devenue quasiment impossible. "Dégroupons aussi le sous‑sol", demande‑t‑il. Le câble est aussi mal traité de façon économique que juridique. Le décret du "must carry" est dévastateur face aux chaînes payantes.

 

Le département du Rhône.

 

Le Rhône est un des départements les plus câblés en haut débit en France. Le réseau, fondé sur une architecture hybride fibre et coaxial, couvre 289 communes, c'est‑à‑dire toutes les communes du Rhône, excepté le grand Lyon. Le réseau est exploité par UPC. Il dispose d'un point de livraison optique dans chacune des communes du Rhône. Ainsi, on compte 250 000 foyers raccordables, plus les services publics.

 

Patrick Vincent, chargé d'expérimentation du centre Erasme, a créé l'association « Rhône sans fil » et souhaite construire une offre de service sans fil pour répondre à un besoin d'accès haut débit pour les zones non desservies par des technologies filaires. Il cherche à trouver une solution au problème du coût du dernier kilomètre. Actuellement, 30% des foyers en zone rurale, 15% des foyers en zone urbaine ne sont pas desservis, de même que certaines entreprises et zones industrielles. Le coût de déploiement limité et évolutif du WiFi permet de multiplier facilement les infrastructures pour un coût réduit (de l'ordre de 3000 euros par borne et 200 euros par utilisateur). Ceci est possible du fait de la présence de la fibre dans l'ensemble du département. La bande passante partagée de l'ordre de plusieurs megabit/s est suffisante pour ce type de desserte. WiFi permet de disposer des portées de liaison pouvant aller de plusieurs centaines de mètre à quelques kilomètres par type de liaison.

 

Il s'agit de fournir un service équivalent à l'ADSL, mais symétrique, pour environ 45 euros et 512 Kbit/s. Le réseau dispose d'environ 1000 points de 2 mbit/s utilisables. Le fonctionnement initial sera une expérimentation sur une quinzaine de sites et la validation de la desserte à haut débit.

 

L'association a fait une demande de licence expérimentale pour 18 mois, déposée en mai auprès de l'ART. Il s'agit là à la fois de valider la faisabilité technique du WiFi, comme la réaction au froid et à l'humidité, la charge ...

 

La validité du modèle économique est à vérifier en couvrant les frais d'achat de bande passante, la maintenance, la gestion commerciale. Le troisième point sera d'expérimenter des usages de la mobilité. Parmi les sites d'expérimentation, on trouve les usages dans les zones industrielles (exemple de Cours la ville), avec des échanges de données entre elles, deux internats‑, et des habitants excentrés (Chabost Allieres).

 

Clairement, le Rhône est un département en avance, mais dans les autres zones, le câble est une solution qui reste assurément dans une position d'attente.

 

5.1.1.2. Le nécessaire haut débit

 

Tout le monde doit être persuadé de la nécessité du haut débit, selon Patrick Schouller, du MINEFI. Selon lui, la prise de conscience est amorcée: dès aujourd'hui 17,5 millions de français sont abonnés à Internet ou à l'ADSL.

 

Selon Jean‑Michel Billaut, aujourd'hui, 200 millions d'entreprises sont connectées par éthernet. Maintenant, on parle de gigaethernet, les actuels MAN (Metropolitan Area Network) devraient être remplacés par de nouveaux supports comme la fibre optique. C'est le seul support possible à l'avenir pouvant assurer des hauts débits de l'ordre de 100Mb/s. Ce support est aussi très robuste et sa durée de vie est quasiment illimitée. Cela signifie que l'on pourra faire passer dans cette fibre optique des signaux de plus en plus lourds sans pour autant toucher au support. Les perspectives de débit de l'ordre du Gb/s sont donc envisageables. Le coût de la bande passante est pléthorique et les prix vont s'effondrer.

 

Différents niveaux de réseau

 

Les réseaux sont souvent présentés en fonction de leur volume occupé en terme géographique.

 

WAN : Wide Area Network, réseaux qui couvrent le Monde, une région, un pays,

 

MAN Metropolitan Area Network, ou réseau métropolitain,

 

LAN Local Area Network représente le réseau local des informaticiens,

 

PAN : Personnal Area Network, il s'agit du réseau que l'on construit avec des machines proches de l'homme,

 

BAN : Body Area network, réseau mettant en oeuvre des solutions  techniques inclues dans le corps humain.

 

 

La fibre est fortement présente dans les entreprises, on peut se demander pourquoi elle n'a pas dépassé la porte de ces organisations pour aller rejoindre les grands backbones nationaux, d'autant plus que la caractéristique de la France est d'être l'un des pays les plus « fibrés » dans ses grandes artères.

 

Le fondement de la plateforme numérique de Castres Mazamet

 

La réalisation d’une plate‑forme numérique réside dans l'idée que l’accès à l’information et d’une manière plus générale la communication, entre les différentes entités du territoire de Castres‑Mazamet (entreprises, administrations, particuliers), mais aussi avec les acteurs extérieurs, devaient être profondément transformés et repensés autour du concept des "Autoroutes de l'Information". Celles‑ci représentent un outil de désenclavement et de développement économique indispensables à la région en créant la dynamique nécessaire, notamment, à l'implantation de nouvelles entreprises.

 

De leur côté, les entreprises locales, à commencer par la plus grande d'entre elles, les Laboratoires Pierre Fabre, avaient un besoin impératif de ces moyens d'échanges électroniques.

 

Mais, les opérateurs de télécommunications ne déploient leurs infrastructures et services sur un territoire donné que si la rentabilité est forte. A Castres‑Mazamet, la présence d'une infrastructure à haut débit, construite dans le cadre de l'aménagement du territoire, associant l'ensemble des grands acteurs d'une agglomération de 90 000 habitants, dotait ce territoire d'éléments attractifs et compétitifs face aux grandes métropoles urbaines.

 

Il s'agissait de mettre en oeuvre une plate‑forme numérique ouverte à tous les opérateurs et fournisseurs de services, intégrant :

 

- Une infrastructure métropolitaine à haut débit de 80 Kms de réseau soit 9000 Kms de fibre optique, véritable colonne vertébrale (Backbone) de télécommunications,

 

- Un Téléport, véritable noeud des échanges électroniques et lieu d'interconnexion à haut débit entre le réseau métropolitain et les réseaux longue distance.

 

Autour de ce projet de territoire numérique et de plate-­forme à haut débit mutualisée, c'est tout un bassin de vie qui s'est pris en charge pour lutter pour son désenclavement géographique et retrouver son attractivité au plan économique.

 

Ce projet innovant, labellisé d'intérêt public en mars 1997 par le Ministère de l'Industrie et des Télécommunications, au titre des autoroutes de l'information, présente un caractère expérimental et pilote au plan national.

 

L'exemple de Pau

 

En matière de haut débit, Pau fait partie des exemples à suivre. En effet, son réseau de 100Mb/s est accessible pour seulement 30 euros par mois. L'opérateur choisi est un opérateur neutre : il s'agit de la Sagem. Son rôle est de gérer le réseau. L'initiative prise par Pau est exemplaire dans le monde. Les habitants auront en effet accès au très haut débit grâce à des connexions par fibre optique. Petit rêve personnel des acteurs de Pau : d'ici 2010, l'Europe entière pourrait étre connectée de cette façon. A Pau, le réseau a ouvert mi­-novembre 2003. C'est une ville managée par l'Internet. Ce concept nouveau de la ville du troisième millénaire est nécessaire dans l'évolution des villes. L'agglomération paloise prévoit d'accueillir de nouvelles entreprises dans le domaine des TIC, celles‑ci étant très intéressées par le haut débit qu'elles pourront utiliser. Avec un investissement public de l'ordre de 35 millions d'euros, une participation de la Sagem à hauteur d'environ 16 millions d'euros, Pau Broadband Country est une opération ambitieuse et avant‑gardiste conçue autour d'un modèle économique d'un nouveau type.

 

Retenue par la Communauté d'Agglomération Pau Pyrénées dans le cadre d'une délégation de service public, la Sagem a pour vocation d'exploiter, de maintenir le réseau et de connecter l'abonné final en fibre optique jusqu'à sa prise à travers la Paloise des très hauts débits. La Paloise des très hauts débits fournit également la bande passante à tous les fournisseurs de services Internet (ASP, ISP) dans les mêmes conditions tarifaires. En jouant un nouveau rôle d'opérateur neutre ‑ le réseau est la propriété de la collectivité ‑, la Paloise des très hauts débits facilite ainsi le développement sur le réseau Pau Broadband Country de services IP voix / données / images à forte valeur ajoutée.

 

La société IPVSET est pour sa part le premier offreur français de services triple play. Elle a d'ores et déjà enregistré plus de 3.500 demandes d'inscription de particuliers avec un abonnement de base à 35 euros par mois seulement, comprenant un accès à Internet à 100 Mega, l'abonnement téléphonique, les communications entre abonnés et un bouquet de 5 chaînes de télévision ! L'offre «entreprises» est actuellement en cours de constitution et devrait voir le jour au début de l'année 2004.

 

Baillargues, petite ville numérique de l’Hérault

 

Baillargues est une commune de 6 000 habitants de la périphérie Est de Montpellier, en forte progression démographique. Lancé mi‑2001 par la nouvelle équipe municipale, le projet Baillargues Ville Numérique s'inscrit dans une politique globale de développement de l'accès Internet pour tous, avec cinq chantiers : l'équipement informatique et le raccordement Internet des écoles (réalisé), l'aménagement d'un espace public numérique (EPN) dans la médiathèque (réalisé), l'équipement informatique et le raccordement Internet de la mairie (réalisé), la création d'un portail Internet local pour des applications de téléprocédures (en cours), la mise en place d'un réseau métropolitain haut débit en fibre optique qui interconnecte les sites communaux et les écoles (réalisé).

               

5.1.1.3. Les avancées en cours.

 

Les ministres du gouvernement Raffarin désirent des éalisations dans le domaine technique, tant dans le réseau, que dans le développement des applications. Il est donc essentiel de penser sur la longue durée, ne pas voir uniquement la dernière technologie, mais le long terme. Il faut éviter les études qui n'en finissent pas. Les projets doivent              

aboutir.            

 

            Thierry Sommelet, de la Caisse des Dépôt et Consignation,          précise que ce n'est pas seulement une meilleure couverture des territoires qui est recherchée, mais aussi l'émergence de la concurrence. En effet, aux besoins en haut débit, à une meilleure couverture des citoyens, s'ajoute une recherche de compétitivité. La Caisse intervient par des mandats de l'Etat depuis le CISI de 2000, le CIADT de Limoges en 2001, le CIRE (Comité Interministériel Pour la Réforme de l'Etat) de 2001, puis le CIADT de 2002.         

 

            La Caisse a recensé 150 projets d'infrastructure, les projets sont en phase d'étude et de montage. Elle liste 65 projets métropolitains, contre 54 issus des départements et une dizaine seulement de chacune des autres structures locales. Dans les 18 mois, une trentaine de projets devraient venir à terme avec 700 millions d'euros d'investissement. La Caisse a une logique d'investisseur et cherche à faire émerger des investisseurs privés. Le modèle juridique est la délégation de service public, qui comprend une part subventionnelle, une part d'investissement.

 

Malgré ce bilan positif, les résultats sont plus contrastés sur le terrain. Dans les Alpes Maritimes, seulement 14 communes ont des projets de télécommunication, un résultat très faible.

 

5.1.1.4 La fibre optique, intérêts économiques et techniques.

 

Le support de fibre optique sera de loin amorti le plus rapidement car il suffit de changer les émetteurs aux extrémités et de garder le support de la fibre pour augmenter les débits.

 

 

La fibre optique a un coeur d'un diamètre de 10 microns recouvert d'une gaine de 125 microns, avec un revêtement, la seule partie visible, de 250 microns. La première fibre optique longue distance a été construite entre Le Mans et La Flèche dans la Sarthe avec quelques kilooctets de débit. Actuellement, on en pose partout : sous‑terre, dans les mers, sur des poteaux. Le record actuel de débit sur une seule fibre est de 10 Tbit/s (soit 10 240 Gbit/s ou 10 485 760 Mbit/s), obtenu en faisant transiter 256 longueurs d'onde de 40 Gbit/s chacune. Les câbles déployés couramment disposent de 48 fibres.

           

La fibre optique ne coûte pas plus cher en génie civil que d’autres technologies filaires pour des performances meilleures. Les experts pensent que dans un horizon assez court, plus de 30% de l'accès à Internet, pour les particuliers et les entreprises, pourra être assuré par des technologies de fibre optique dite FTTH (Fiber To The Home). Il conviendrait de faciliter le câblage des nouvelles zones urbaines et des immeubles en utilisant ces technologies plutôt que d'utiliser l'actuelle paire de fils de cuivre.

 

           

Gazelle en chantier... ou l'exemple de l'île de la Réunion.

 

La Région Réunion a décidé de construire un réseau en partenariat avec EDF et a lancé le projet Gazelle. La première phase du projet consiste à poser des fibres optiques sur les lignes à haute tension, aériennes certes, mais particulièrement adaptées au climat local. Le câble posé sera un câble de 48 fibres. Douze seront utilisées par EDF, trente‑six seront mises à disposition des opérateurs de la Région Réunion. La longueur de fibre déployée est de 223 km.

 

La technologie choisie par EDF est dite "COE", elle consiste à enrouler la fibre optique autour de la ligne à haute tension. Ceci est rendu possible par la parfaite insensibilité de la fibre aux phénomènes électromagnétiques générés par la haute tension. Cette technique de pose permet un déploiement très rapide, à l'aide d'un outil automatisé, du fait de la nécessaire mise hors réseau des lignes électriques pour les travaux.

 

 

1.2. Les technologies alternatives

 

La situation nouvelle est singulière car elle mêle complémentarité et concurrence : diversité de l'offre, convergence audiovisuel‑télécom, Internet sur le câble, télévision sur ADSL, etc. Le premier constat est que certaines technologies sont plus adaptées à certaines situations économiques. Selon Alain Bertout d'Alcatel, la solution choisie passera par une alliance de technologies multiples. Le modèle de décision dépendra fondamentalement du coût de la technologie, du coût d'exploitation de la technologie, de la solution choisie pour gérer cette technologie, mais aussi des usages. Utiliser le réseau WiFi pendant cinq minutes à pied en ville et l'utiliser pendant 5 minutes en voiture hors des villes ne sont pas deux solutions équivalentes.

 

5.1.2.1. Le 802.11 et WiFi

 

 

            La solution qui se développe, la 802.11, est a priori la plus mauvaise, en terme d'ingénierie. Mais elle est le meilleur

compromis des points de vue technologique, prix, informations transmises et capacité de débit. Il existe beaucoup de solutions techniques voisines.

 

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Antenne de technologie 802.11 dans la rue au Japon.

 

 

 

Les normes des technologies alternatives

 

IrDA (Infrared Data Association)

 

Il y en a dans les ordinateurs, dans les téléphones mobiles et d'autres applications de l'infra rouge. Les fabricants d'ordinateurs, de software en ont mis dans les machines du fait d'un gros avantage : des applications existent pour reconnaître toutes les personnes IrDA dans la zone. En terme d'usage, c'est performant, même si techniquement des progrès restent à faire. En effet, la transmission n'accepte qu'un faible angle et le débit est limité.

 

La norme ISM (International Standard Medical)

 

Le standard de transmission se situe aux alentours de la fréquence de 2,45 GHz, il dispose d'un protocole qui ressemble étrangement à celui de 802.11. Aujourd'hui il y en a partout dans les aéroports, les centres de recherche, les hôpitaux...

 

La norme 802.11

 

IEEE a voulu normaliser l(ISM. Les débits théoriques sont d'une dizaine de Mbits/s et plus, 2Mbits/s réels, compatibles avec les autres 802 (Ethernet, Token Ring).

On a normalisé 802.11a (transparent 44) pour laquelle aucun équipement n'a pu être obtenu, puis 802.11b pour laquelle des équipements ont pu être acquis plus rapidement, la fréquence étant beaucoup plus faible. Les deux normes co­existent un peu partout et à un prix dérisoire à Singapour ou Taïwan.

 

L'offre Bluetooth

 

Ericsson a voulu réutiliser les systèmes ISM comme les autres, avec une grande souplesse d'utilisation et une meilleure ergonomie.

 

MDI‑ng

 

C'est un standard qui s'est arrêté. A l'origine il y avait deux opérateurs, France Telecom et BT qui ont voulu faire la même chose que Bluetooth, mais n'ont pas réussi à imposer leur standard.

 

Hiperlan (Hignt PERforlance Radio LAN)

 

C'est une norme de L4ETSI qui ressemble étrangement à 802.11 ; on peut avoir des fréquences très élevées, le seul problème c'est qu'à l'exception des démonstrations d'UMTS, il y a peu d'équipements sur le marché (Thomson, Proxim et Breezecom).

 

HomeRF

 

C'est un mélange de 802.11 et de DECT pour profiter des avantages du DECT sur la voix et du 802.11 sur la donnée. C'est plus ou moins un échec aujourd'hui.

 

Lecture passive, RFID, étiquettes électroniques ou radio tags

 

Circuits pour étiquette à lecture seule (comme pour payer sur l'autoroute), la portée radio est relativement faible, mais beaucoup d'applications vont se développer. Il suffit de faire fonctionner le système à distance. Une application fonctionne à La Réunion, depuis le bas du volcan, pour évaluer les mouvements en haut de celui‑ci.

 

 

Orange

 

Selon Didier Nolot d'Orange, le terminal est déterminant. Le client va avoir en parallèle des réseaux de mobilité, GSM, UMTS et des systèmes moins mobiles connectés. Ces derniers pourront être des ordinateurs portables, des outils WiFi, qui correspondent à une mobilité discontinue ou encore, une mobilité intermédiaire. Même si on exclut les usages de type télévision, la situation d'usage est le deuxième point déterminant: WiFi privé à la maison et WiFi dans la rue n’auront pas les mêmes usages.

 

 

 

Argentière la Bessée

 

Argentières la Bessée, 2500 habitants dans un canton de 5000 habitants. La région est très enclavée, entourée par des parcs. Le haut débit arrive lentement. Seulement une dizaine de communes du département ont des accès ADSL. Les préoccupations de cette municipalité sont des problèmes de distance entre les bâtiments administratifs. La maison de service public regroupe dans un même lieu une vingtaine d'acteurs institutionnels. Elle accueille 4000 personnes par an. L'achat d'investissement de matériel a été possible par l'intermédiaire des procédures classiques, mais le fonctionnement a dû être financé localement. Des projets communs ont été réalisés avec les plus grandes communes voisines. Internet est utile pour la formation, les recherches d'emplois, la visio‑conférence évitant ainsi les déplacements. Le cyberkiosque permet d'accéder aux services publics depuis mars 2003. Le projet continue avec la distribution du haut débit aux services municipaux, via W!Fi. C'est le principe de l'Internet municipal.

 

L'histoire mouvementée du réseau de Mane

 

Provence Wireless, est un opérateur de télécommunications associatif. C'est un précurseur du haut­-débit en milieu rural par radio. En avril 2002, le projet a commencé par l'installation d'un relais sur la citadelle de Mane. Elle a fait l'objet d'une démonstration de la plate-forme auprès d'élus et de journalistes. Suite à une enquête de VANFR (Agence Nationale des Fréquences), et malgré la faible puissance d'émission de 30 mW, une plainte a été déposée. Suite à cette injonction, l'arrêt des émissions a été ordonné le 3 mai 2002. Le 3 juillet 2002, la présentation au Sénat dans le cadre de la Mission ECOTER a permis de développer le sujet. En Août 2002, la démonstration d'un Hotspot a été effectuée à Hourtin par la FING, en association avec d'autres acteurs. La demande de Licence expérimentale WiFi a été déposée le 28 décembre 2002 et publiée au Journal officiel sous le nom de Provence Wireless le 13 juillet 2003.

 

L'expérience de Mane a démarré par un projet de partage d'une ligne Internet. Le relais WiFi est installé à la citadelle de Mane. Ce site de raccordement à Internet a été relié à travers une liaison spécialisée à 256 Kbits/s appartenant à une entreprise locale. Cette liaison était louée à France Télécom, elle est partagée entre les membres du réseau. Le premier site de réception a été installé à 500 m à vol d'oiseau, il fonctionne comme un réseau local à 10 Mbit/s avec les autres habitants de la commune, qui sont ainsi connectés.

 

Le réseau WiFi de Mane cherche à s'étendre. L'antenne omnidirectionnelle sera située sur une colline au lieu de l'installation actuelle au château. Deux bornes seront installées en accès anonyme. Le réseau devrait permette des usages nouveaux et nombreux, comme la création d'un réseau privé entre les différents locaux municipaux, des raccordements d'entreprises à leur réseau, un raccordement au serveur scolaire, de la téléphonie IP, de la vidéosurveillance, de la signalétique dans la commune. La mutualisation des investissements télécoms comme le photocopieur‑imprimantes couleurs est désormais possible. Ainsi, grâce à ces technologies, on peut partager les moyens d'impression.

 

Paris et la RATP

 

Cap Gemini et la RATP ont construit un réseau d'accès WiFi fondé sur un réseau de collecte Gigabit. Il fonctionne sur le modèle du « hot spot ». Thomas Saint Hilaire, responsable à Cap Gemini, a décrit cette expérience qui a eu lieu d'avril à fin août 2003. Ce réseau fonctionne en liberté d'accès et en toute gratuité. Il a généré 2000 demandes d'inscription, 500 utilisateurs actifs, et surtout quelques bons clients. Le taux de connexion moyen est de 30 minutes, avec une moyenne de 30 mégaoctets par utilisation. Autrement dit, lorsque les opérateurs nous expliquent qu'il n'y pas de demande, il y a sûrement une erreur.

 

Le projet de la MJC de Pomeys.

 

Thomas Gassiloud a présenté les projets communautaires de la Maison des Jeunes et de la Culture de Pomeys. Pomeys est un village de 1000 habitants, rural, mais qui devient de plus en plus résidentiel avec l'arrivée de nouveaux habitants venus de la ville. Il s'agit ici de couvrir en WiFi une partie du village, essentiellement la partie centre avec un budget équivalent à celui d'un ordinateur portable. Le projet est de fournir un accès haut débit disponible par deux technologies, le câble déjà présent et du WiFi.

 

La population de la zone est peu sensibilisée aux TIC, mais ce n'est pas le but initial du projet qui est de faire en sorte que la greffe des nouveaux habitants prenne bien. WiFi est vu comme un moyen de partage dans une approche communautaire. C'est d'abord un partage d'applications : chat, conversation, audio et vidéoconférence, jeux en réseau, aide à distance par le contrôle de la machine. C'est aussi des partages de données : info locale, site web collaboratif de type spip, forum sur les questions publiques. C'est de plus un serveur de données pour les associations (vidéo, photo, administratif, .... ), un moyen de diffusion de morceaux des groupes locaux (musiques, ... ). C'est enfin un partage de ressource en permettant la mutualisation du matériel réseau comme des imprimantes A3 ou couleur.

 

Dans le projet, un objectif secondaire est de donner à chaque habitant une adresse normalisée de type prenom.nom@pomeys.org grâce à une plate-forme locale. Ainsi, on pourra mettre à disposition une connexion Internet partagée et gratuite pour effectuer les opérations de base comme des réservations et l'accès à l'administration. L'objectif est donc de favoriser les interactions avec les acteurs de la vie locale, de favoriser le lien social, de vulgariser les TIC et ceci dans un « but communautaire ». Le projet cherchera à favoriser le contenu local, par la création de réseau de courte durée pour des manifestations quelconques, par une station météo locale, une radio et la retransmission de messe en direct.

 

Le rêve est celui d'un déploiement plus vaste, et donc de desservir les applications excentrées. C'est aussi le «roaming», permettant une itinérance d'applications embarquées pour ceux qui travaillent localement, véhicule agricole, cantonnier, artisan, la Poste. Celle‑ci passe par une interconnexion de réseaux Enfin, le projet désire faire le lien avec d'autres acteurs comme le centre social, les commerçants, l'office du tourisme.

 

L'exemple de la zone de Givors.

 

La communauté de communes de Givors a lancé « Givors-tic‑rhône‑sud » qui couvre principalement deux villes Givors et Grigny, ce qui correspond à une zone de 27000 habitants. La zone se caractérise par un taux élevé de chômage de 21%, et une forte densité de logements sociaux, d'environ 60%. L'idée est de faire de l'Internet pour tous, une mission de service public. La solution trouvée doit permettre une sensibilisation au plus près des habitants, être réactif sans être bloqué par les aspects matériels. Dans un premier temps, il s'agit de baisser les coûts de connexion au haut débit dans le parc du logement social. Un deuxième point a été la création d'une unité mobile WiFi, par exemple pour la fête de la ville ou pour pouvoir réaliser des réunions chez les habitants; des équipements sont proposés dans des caissons transportables et entrant dans les ascenseurs.

 

Le fondement historique d'internet est la réactivité. On est de plus en plus attentif aussi bien au contenu qu'au réseau. Le projet s'intéresse au lien social. Le site du projet a été réalisé par 17 jeunes, formés à Erasme. lis ont réalisé un site qui « rend service ». Dans les tours HLM, la solution WiFi conduit à un partage avec un service minimum.

 

Dans l'ensemble de ces projets, on peut signaler la qualité de relation humaine qui s'établit. La logique Internet est ici respectée : « je peux voir des millions de chaîne et je peux mettre la mienne ». Enfin, les participants sont d'accord sur un point :c'est important qu'il y ait appropriation de cet outil, pour qu'il y ait plus de lien social et de démocratie.

 

5.1.2.2. Le courant porteur en ligne (CPL)

 

La technologie du courant porteur en ligne utilise les lignes électriques pour transmettre des télécommunications.

 

Le réseau de la région de Chartres

 

Satisfaction est une entreprise qui fournit des offres de courant porteur en ligne. Elle va proposer une offre de connexion permanente et illimitée, avec la création d'un réseau local, une observation et une animation des usages. Soit la construction d'un réseau pour lequel la recherche d'un modèle économique viable reste importante. L'alternative Wifi avait été explorée, mais la répétition des émetteurs posait problème. La régie d'électricité de Chartres alimente une région autour de la ville de Chartres, il s'agit de 47 communes. Les réseaux d'électricité appartiennent au département, dont la gestion est confiée aux régies électriques, ou à EDF. La ville de Luce joue le rôle de point de concentration de l'énergie électrique et donc du système.

 

Techniquement, le lien avec le réseau Internet est actuellement une liaison satellite, il se fait avec des débits de 2 Mbit/s descendant et 512 kbit en montant. Le TUR (Tableau Urbain de Répartition) est le lieu où sont situés les équipements. En moyenne tension, des portées de 800 mètres ont été effectuées réellement sans répéteur. En basse tension, la portée de 300 à 400 mètres correspond à la distance entre le tableau et l'abonné. La carte d'abonné coûte 100 euros, ce qui est normal car le coût du chipset est de l'ordre du dollar. On peut faire aussi le choix de la performance avec des chipset plus évolués, mais plus coûteux. En longue distance et en basse tension, si l'on possède un réseau récent avec des fils torsadés, on favorise l'évolution et on facilite l'ingénierie du réseau.

 

L'expérimentation CPL (courants porteurs en ligne) dans les collèges de la Manche

 

L'accès à Internet par la prise de courant électrique, permettant de substantielles économies de câblage informatique, a été expérimenté en 2000‑2001 dans plusieurs collèges du département de la Manche. L'initiative a été étendue en juin 2002 aux 56 collèges du département, ce qui en fait la plus grande échelle en France d'expérimentation du courant porteur en ligne (CPL).

 

 

Le réseau opérationnel de La Haye du Puits (Manche)

 

La Haye du Puits est une communauté de communes de 7600 habitants dont 2000 dans le chef lieu. Elle mène une opération pilote de déploiement de courant porteur, avec l'idée d'utiliser des infrastructures existantes. C'est en particulier le déroulement de la fibre optique sur le réseau RTE, et l'utilisation de l'infrastructure électrique 2 fois 90000 KW sous marin qui va vers Jersey et qui dispose aussi de la fibre optique.

 

Le projet pilote concerne la ville centrale, il est divisé en quatre zones et couvre 50% des habitants. Le projet fonctionne déjà avec 20 usagers testeurs et avec un lien satellite. Le satellite doit être remplacé par de la fibre optique.

 

Le conseil général de la Manche est en charge du projet. EDEV CPL technologie est responsable du design du réseau. La solution satellite est fournie par INFOSAT sur des satellites EUTELSAT. EDF Manche est l'opérateur local qui va installer les équipements.

 

La première zone est raccordée à du 20KV par trois transformateurs, avec une solution à 2Mbit/s. La deuxième zone du sud de la commune est une zone industrielle avec des liens à 10 Mbit/s. La troisième zone comporte quatre transformateurs. Ce sera la première zone où l'on injectera le signal depuis la fibre optique.

 

Les testeurs sont la mairie, la communauté de communes, des commerçants, l'office de tourisme, le collège. Dans le cas de la communauté de communes, une sorte de réseau local avec 10 postes sera ainsi alimenté. Le répéteur est important pour assurer la qualité à l'intérieur des bâtiments. Les modems sont fournis par Ascom, d'autres par Schneider EasyPlug. Actuellement, il s'agit de tester le modèle économique. Mais deux difficultés apparaissent. La première consiste à définir le bon SLA (Service Level Agreement) pour effectuer le lien avec le satellite. L'autre problème est celui du rôle d'EDF comme gestionnaire d'infrastructure.

 

5.1.2.3. Le satellite

 

Aujourd'hui, certains satellites sont lourds, tellement lourds que parfois on ne sait plus les lancer. Les projets Iridium, Motorola et autres grands projets, sont tous au soi d'un point de vue commercial. Il ne reste que les solutions intermédiaires, les VSAT, qui sont des solutions d'attente, pas intéressantes économiquement, sauf si vous n'avez rien d'autre à disposition.

 

L'avantage des satellites réside dans le fait que ce sont des équipements qui supportent du DVB, du DAB (son et image numériques). On essaye de les mettre dans les satellites LEO mais il n'est pas facile de faire du Meccano dans l'espace. L'autre alternative étant de relancer des satellites LEO qui ont ces possibilités d'image. Mais surtout, la troisième solution est de mettre au sol les technologies satellites (MMDS ou LMDS). C'est le cas pour le réseau d'Ardèche : de la radio, équivalente à la transmission satellite et qui fonctionne parfaitement. MDS, une firme lyonnaise, a construit le réseau de l'Ardèche.

 

Intérêt du satellite

 

Le modèle économique actuel n'est pas nécessairement ouvert vers le particulier. L'objectif est de résoudre le problème de la fracture numérique en couvrant le marché des zones non couvertes. Les services c< broadband » se justifient. Le déploiement immédiat est un facteur clé, l'installation est faite en une heure. L'investissement initial est très faible, de l'ordre de 1500 à 2500 euros par équipement. Si 20% de la population, soit 9600 communes ne peuvent être touchées par le satellite, le marché est assez grand pour valoriser le satellite.

 

Le satellite est particulièrement adapté aux services multicast. Complément naturel des réseaux terrestres, il permet une couverture à 100 %, y compris en environnement difficile et dans des zones d'habitat dispersé.

 

Comment se place le satellite face aux autres offres de haut débit ?

 

Pour Hubert Diez, du CNES, la stratégie est différente car il s'agit d'investir là où l'ADSL ne passe pas. Les villes peu développées et les zones rurales sont donc visées. En effet, l'installation de l'ADSL coûterait trop cher en développement. La seule solution est donc le satellite. Les collectivités, les PME et les particuliers sont intéressés. Le coût est de 30 à 50 euros pour les particuliers. Le marché potentiel est de 10 millions de personnes en France. Le prix pour installer l’ADSL par satellite avec un débit de 512 Kb/s est de 150 euros. Cette connexion peut ensuite être distribuée grâce au WiFi ou au courant porteur. Le nouveau concept du village communicant est ainsi créé. Que faut‑il faire pour avoir du haut débit par satellite ? On installe une antenne sur le toit de la mairie et on utilise le courant porteur pour distribuer la connexion dans les locaux de la mairie. Puis avec le WiFi, Internet est distribué à tout le village. C'est un vrai réseau local (LAN). On peut aussi mettre en place des services comme un conseil municipal en ligne. Finalement, l'installation est simple à réaliser, il suffit juste de mettre une petite antenne qui ne coûte que 1200 euros.

 

Le CNES a adopté une stratégie : installation de 300 euros pour le terminal, et 30 euros pour l'abonnement. Cette mise en place devrait voir le jour d'ici deux ans.

 

Le satellite n'est plus en phase expérimentale. il fonctionne, il est déployé, et permet des services Internet haut débit qui sont des vecteurs de la croissance future.

 

Eutelsat

 

Les services haut débit d'Eutelsat se fondent sur sa capacité satellite et des choix technologiques en terme de station au sol. Dans la solution Eutelsat, le hub dispose de grandes antennes de 11 mètres. Le hub accède à Internet depuis Rambouillet avec une liaison ATM à 155 Mbit/s sur le GIX. Actuellement, le temps de décalage dû au trajet satellite est de 600 ms. Les clients peuvent avoir un accès sur l'ensemble de la couverture Eutelsat: Europe, Afrique, Pays Méditerranéens, Amérique du sud, etc. Il est possible de créer des hubs locaux ou régionaux. La gestion du service est assurée en un seul endroit: c'est en particulier le cas d'Eutelsat Network Center.

 

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Equipement laser de la société Actipole (France).

 

 

       

Eutelsat

 

Un opérateur privé issu d'une offre publique et régulé par un traité international

 

Eutelsat offre des services OpenSky, D‑Star, Skyplex. Eutelsat offre une capacité commercialisée sur 24 satellites, avec une couverture des satellites Eutelsat de 150 Ouest à 760 Est. A l'origine, c'est une organisation intergouvernementale, c'est aujourd'hui. un acteur privé dont les principaux actionnaires sont BlueBirds France Participations S.A.S. : Eurazeo (60%), France Télécom (20%), UI/Pragma (12%), Palladio (8%), Mirror International Holding : Lehman Brothers (55%), Telecom Italia (27%), Interbanca (7,5%), Intesa (7,5%), DeaSat Holding : De Agostini Spa (51%), Deutsche Telekom (27%), 21 Invest (22%), donc des opérateurs Télécom : BT, KPN, Belgacom, TPSA, Telefônica de Espaňa, RSCC, etc.

 

 

La description plus générale du réseau est la suivante. Eutelsat possède un réseau de Hubs et de satellites. Les trois hubs sont situés à Paris, Turin, et Rome. Ce dernier opère le satellite w5 non visible depuis Paris. Les satellites ont beaucoup évolué. Le satellite « atlantic bird 2 » dispose d'une technologie dite à aile déployée. Les répéteurs sont déployés pour des applications qui leur sont liés, ce qui limite l'utilisation de ces outils. Les applications peuvent être différentes selon les répéteurs. L'équipement d'extrémité utilise une parabole de moins de 1 m. Cette information est importante car la réglementation dans de nombreux pays comme la France, impose une réglementation de déclaration pour des paraboles de plus de 1 mètre.

 

Le récepteur en intérieur est équivalent à un décodeur. Il comprend un processus d'accélérateur TCP/IP qui diminue le temps d'accès mais qui ne renvoie pas tous les accusés de réception (ce qui pourrait être handicapant pour les applications autres que le Web et le mail). Le satellite utilise la bande de fréquence Ku. Le coût du terminal dans la bande Ku est de 1790 E.HT, pour des antennes de 75 à 120 cm, qui permet un débit jusqu'à 2 Mbit/s en montant et 40 Mbit/s en descendant. L'IDU (InDoor Unit) est composé d'un récepteur DVB‑S, avec une modulation MF‑TDMA, un accélérateur TCP/IP, et une interface 10BaseT. L'ODU (OutDoor Unit) est composé d'un SSA (Solid State Power Amplifier) en 1, 2 ou 4 Watts.

 

La description technique du couple IDU et ODU, caractérise la double liaison satellite. Dans la partie descendante vers le terminal, le protocole Internet est encapsulé dans un flux TDM DVB. Le débit maximum en TCPAP est de 12 Mbit/sec avec une modulation QPSK. Le débit maximum UDP est de 40 Mbit/sec. En ascendant depuis le terminal, le débit maximum par porteuse est de 1.5 Mbit/sec, avec une modulation QPSK ‑ FEC 5/6. La modularité de la bande passante est garantie (CIR n*8.6kbit/s)

 

La gamme des services est multiple : interconnexion de réseaux et réseaux fermés d'usagers, extranet, liaisons de contribution, VPN ou RPV (Réseau Privé Virtuel), et des services à valeur ajoutée comme par exemple la videoconférence, la voix sur IP, la télémédecine. La mutualisation de la bande passante est réalisée par Eutelsat, ce qui permet à l'opérateur de définir différentes qualité

s de service, actuellement commercialisées selon trois gammes de services IP.

 

L'offre IP ACCESS est, comme son nom l'indique, une solution d'accès. L'offre IP ACCESS ‑ Premium est commercialisée au prix de 549 E.HT / mois, pour une vitesse max de 2 048 kbps descendant et de 512 kbps montant.

 

L'offre IP Connect est présentée comme un "LAN in the Sky », c'est une offre plutôt dédiée à des grands groupes avec une approche de type GFU (Groupe Fermé d'Usagers).

 

L'offre IP Multicast (IP File ou Stream) utilise l'avantage principal du satellite, qui est une solution de distribution très économique, avec une haute fiabilité et une bonne qualité de service. IP Stream est une offre de diffusion. L'offre IP File contient des services additionnels

 

Eutelsat et ses partenaires proposent des offres de type « Server Hosting » et « data hosting ». Les fonctions de cache et de routage sont assurées, ainsi que celle de l'administration des ordinateurs des clients. Les autres fonctionnalités gérées sont l'encodage (MPEG4 par ex.), le VPN, les DNS (Domain Name Server), la gestion de la translation d'adresse (NAT/PAT), la gestion de la sécurité et des Firewall, le mafl, la gestion d'adresses IP publiques. Eutelsat dispose de 18 positions orbitales, ce qui est l'une des grandes forces de cette firme.

 

Le principal avantage des services D‑Star est la gestion adaptée de la QoS (Quality of Services, Qualité de service). Elle se fait par des hubs et des satellites redondants. Cette architecture permet de la flexibilité et le passage à l'échelle.

 

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Antenne classique dite de 96cm pour l'accès au satellite.